Pleine conscience après une rupture

Guide fondé sur la recherche: pleine conscience après une rupture. Réduis rumination et stress, régule tes émotions, dors mieux et retrouve ta clarté.

24 Min. de lecture Guérison Émotionnelle

Pourquoi tu devrais lire cet article

Tu es en plein chaos émotionnel après une rupture? La pleine conscience peut t’aider à sortir du tourbillon fait de rumination, de manque et d’impulsions. Tu vas découvrir ce qui se passe dans ton cerveau et ton corps, pourquoi cela peut ressembler à un sevrage, et comment bâtir stabilité, clarté et calme intérieur avec des outils validés scientifiquement. Ce guide relie les recherches récentes en théorie de l’attachement, neurobiologie, régulation des émotions et mindfulness à des exercices concrets pour ton quotidien, pour que tu ne fasses pas que tenir, tu guéris et redeviens acteur de tes choix.

Fondements scientifiques: ce que la douleur de la rupture déclenche dans ton cerveau

Une rupture active plusieurs systèmes biologiques et psychologiques en même temps. Si tu comprends ces mécanismes, tes réactions deviennent explicables, et plus faciles à réguler.

  • Système de récompense et « sevrage »: des études en IRMf montrent que le rejet amoureux active les circuits dopaminergiques de la récompense et des zones liées au désir et à la motivation, proche des processus addictifs. Cela explique les pensées obsédantes et la poussée à reprendre contact (Fisher et al., 2010).
  • Douleur sociale = douleur physique: le cortex cingulaire antérieur s’active lors de l’exclusion sociale comme lors d’une douleur physique. Le chagrin d’amour peut littéralement faire mal (Eisenberger & Lieberman, 2004; Kross et al., 2011).
  • Système d’attachement: pour Bowlby, l’attachement est un système de survie. La rupture déclenche protestation, désespoir puis retrait. Selon ton style d’attachement (sécure, anxieux, évitant), tu auras tendance à t’accrocher, ruminer ou te distancer (Bowlby, 1969; Ainsworth et al., 1978; Hazan & Shaver, 1987).
  • Neurochimie du lien de couple: ocytocine, vasopressine et dopamine stabilisent le lien. Leur chute se ressent comme un crash neurobiologique (Young & Wang, 2004; Acevedo & Aron, 2014).
  • Physiologie du stress: la rupture élève le cortisol, perturbe sommeil, appétit et immunité (Sbarra & Hazan, 2008). Un stress élevé focalise l’attention sur la menace (amygdale) et réduit la flexibilité cognitive.
  • Rumination et régulation émotionnelle: ruminer entretient l’affect négatif et ralentit la récupération (Nolen-Hoeksema et al., 2008). La pleine conscience réduit la rumination et renforce la « décentration », la capacité à voir les pensées comme des événements mentaux et non des vérités (Segal et al., 2002; Garland et al., 2015).

La pleine conscience agit comme une méta-compétence: elle améliore l’attention, la régulation des émotions, l’interoception et l’auto-compassion, des leviers centraux de la guérison (Hölzel et al., 2011; Creswell, 2017).

La neurochimie de l’amour est comparable à une dépendance.

Dr. Helen Fisher , Anthropologue, Kinsey Institute

Pourquoi la pleine conscience fonctionne si bien après une rupture

  • Elle interrompt le cycle addictif: observer au lieu de réagir t’aide à ne pas suivre l’impulsion « Écris à ton ex maintenant ». Tu entraînes une pause entre le stimulus et la réponse (Brewer et al., 2011).
  • Elle réduit la rumination: la pleine conscience déplace le traitement mental d’un mode auto-référencé et ruminant (réseau du mode par défaut) vers une présence sensorielle à l’instant (Farb et al., 2007; Brewer et al., 2011).
  • Elle apaise le système nerveux: la respiration consciente et le body scan activent le parasympathique. La VFC augmente, les hormones de stress diminuent (Tang et al., 2009; Hölzel et al., 2011).
  • Elle renforce l’auto-compassion: la bienveillance envers soi, au lieu de l’auto-critique, diminue symptômes dépressifs et anxieux, et augmente la résilience (Neff, 2003; Neff & Germer, 2013).
  • Elle améliore la régulation émotionnelle: tu repères plus tôt les déclencheurs et choisis des stratégies adaptées (reformulation, acceptation) au lieu de la réactivité (Gross, 2015).

20–30 %

Réduction de la rumination grâce aux approches de pleine conscience dans des études cliniques

+VFC

La respiration consciente augmente la variabilité de la fréquence cardiaque, un marqueur de résilience et d’apaisement

8–12 semaines

Durée typique avant de voir des effets stables avec une pratique régulière

Les 5 axes clés de la pleine conscience après une rupture

1) Entraîner l’attention

Respiration focalisée, ancrages, gestion de la distraction. Plus ton attention est stable, moins la rumination et les déclencheurs dominent.

2) Ressentir le corps

Body scan, mouvement conscient. Le ressenti corporel est un levier direct pour apaiser ton système nerveux.

3) Réguler les émotions

Nommer, permettre, respirer. Les émotions vont par vagues, tu apprends à surfer au lieu de lutter.

4) Cultiver l’auto-compassion

La voix dans ta tête devient plus amicale. Moins de honte, de reproches envers toi et de sentiment d’isolement.

5) Pratiquer la compétence relationnelle

Communication consciente, limites, coparentalité. Moins de drama, plus de clarté.

Ton plan de guérison sur 30 jours: des phases claires

Semaine 1

Stabiliser et créer de la sécurité

Objectif: sommeil, alimentation, routine. Pratiques: 3 fois par jour 3 minutes d’ancrage sur la respiration, 10 minutes de body scan le soir, pause réseaux sociaux. Carte d’urgence pour les déclencheurs.

Semaine 2

Ressentir sans se noyer

Objectif: nommer les émotions, appliquer RAIN. Pratiques: 15 minutes de respiration, 10 minutes de marche consciente, RAIN 1 fois par jour sur une émotion forte.

Semaine 3

Clarté cognitive et limites

Objectif: stopper la rumination, clarifier tes valeurs. Pratiques: 20 minutes de méditation de concentration, technique STOP pour les impulsions, communication consciente (modèles de messages), 1 h sans réseaux sociaux par jour.

Semaine 4

Intégration et futur

Objectif: approfondir l’auto-compassion, nouvelles routines. Pratiques: 20–30 minutes de méditation, gratitude, projets porteurs de sens, rendez-vous conscients avec des ami·e·s.

Exercices essentiels pas à pas

1Ancrage de 3 minutes sur la respiration

  • Minute 1: observe ce qui est là (pensées, corps, émotion), sans changer quoi que ce soit.
  • Minute 2: focus sur le souffle (ailes du nez, poitrine, ventre). Compte jusqu’à 10, puis recommence.
  • Minute 3: conscientisation large, la respiration reste l’ancre et tu laisses tout venir et repartir. Application: matin, midi, soir, et à chaque vague de déclencheur.

2Body scan (10–20 minutes)

  • Parcours lentement de la tête aux pieds, note les sensations avec curiosité (fourmillements, pression, chaleur).
  • En cas de tension: inspire 4 secondes, expire 6–8 secondes. Respire « doux et large » dans la zone tendue.

3RAIN pour émotions aiguës

  • Recognize: « Voici de la colère/solitude. »
  • Allow: « Cela a le droit d’être là. »
  • Investigate: « Où est-ce dans mon corps? De quoi cela a besoin? »
  • Nurture/Non-Identification: main amicale sur le cœur. « Je ne suis pas cette vague, je la traverse. »

4STOP pour l’impulsion de contact

  • Stop: arrête-toi.
  • Take a breath: 3 respirations calmes, expire long.
  • Observe: quelle émotion, quelle zone du corps, quelle pensée?
  • Proceed: choisis une action alignée avec tes valeurs (par exemple, enregistrer le brouillon, ne pas envoyer).

5Mouvement conscient (10 minutes)

  • Marche: 10–20 pas lents, ressens talon–plante–orteils, puis reprends un rythme naturel.
  • Étirements doux: nuque, épaules, hanches. Respire dans l’étirement, 20–30 secondes.

6Micro-exercices d’auto-compassion

  • Main sur le cœur + phrase: « C’est difficile. Que je sois bienveillant·e avec moi. »
  • Changement de perspective: parle-toi comme à ta meilleure amie.
  • « Humanité commune »: rappelle-toi que la rupture est une expérience humaine universelle.

Gérer la rumination

La rumination semble utile, mais c’est du ressassement sans solution. Comment l’arrêter:

  • Contrôle des stimuli: programme un créneau pour ruminer (par exemple 17 h 30–17 h 45). Hors de ce créneau, STOP + ancrage respiration.
  • Redirection sensorielle: technique 5–4–3–2–1 (énumère ce que tu perçois par les sens autour de toi).
  • Contenant d’écriture: 10 minutes de « décharge » sur papier. Ensuite, range la feuille.
  • Vérification des valeurs: « Cette pensée m’aide-t-elle à vivre mes valeurs? » Si non, étiquette-la (« esprit planificateur », « esprit qui compare »), puis laisse-la passer.

Exemple: Camille, 34 ans, pense sans cesse « Pourquoi a-t-il fait ça? ». Elle fixe une fenêtre de rumination à 18 h. La journée, elle se dit « esprit planificateur », revient au souffle et marche 2 minutes en pleine conscience. Après 1 semaine, sa rumination passe de plus de 2 heures à 30 minutes.

Gestion des déclencheurs au quotidien

  • Lieux/objets: mets les photos dans un dossier « Archive », bijoux dans une boîte. Ne détruis pas, mets de côté.
  • Réseaux sociaux: coupe le son 30 jours, désactive ou désabonne-toi. Déplace l’app en dernière page, limite d’écran à 10 minutes.
  • Musique/séries: évite la playlist déclencheur, crée de nouvelles routines sonores. Sons de la nature ou musique instrumentale.
  • Sommeil: caféine avant 14 h, routine du soir 30 minutes avec body scan, lumière tamisée.

Attention aux « empilements de déclencheurs »: manque de sommeil + alcool + scroll sur réseaux augmentent le risque de rechute (impulsion de contact, message à l’ex). Prévoyez des marges.

Styles d’attachement: pratiquer en conscience

  • Anxieux-ambivalent: fort besoin de proximité, peur de l’abandon. La pleine conscience aide à ressentir l’élan de contact et à le réguler. Exercice: surfer 90 secondes sur la vague de manque + phrase d’auto-compassion.
  • Évitant: distance, engourdissement. La pleine conscience invite à doser le contact corporel en sécurité. Exercice: 5 minutes par jour à sentir la zone du thorax, « s’adoucir » en expirant.
  • Désorganisé: oscillation entre panique de proximité et peur de l’abandon. Exercice: pratiques courtes, sûres et très structurées (3 minutes). Envisage un accompagnement pro.

Exemple: Thomas, 38 ans, évitant, travaille 12 heures, « ne sent rien ». Avec 5 minutes de body scan, il remarque une pression dans la gorge. Après 2 semaines, il nomme la tristesse comme « chaleur derrière les yeux ». Sa réactivité baisse.

Communication consciente et limites

Une rupture demande une communication claire et calme, surtout en coparentalité ou pour l’organisation.

  • Modèles de messages:
    • Neutre: « Remise vendredi 18 h comme convenu? »
    • Limite: « Je communique uniquement au sujet des enfants. Pour le reste, je ne suis pas disponible en ce moment. »
    • Délai: « Je regarde et je te réponds demain avant 12 h. »
  • Règles: pas de réponse nocturne, pas de discussion en message vocal, pas de « Et si… ».
  • Technique: écris la réponse, respire 3 fois, lis à voix haute, puis envoie. Ou règle des 10 minutes: garde en brouillon.

Dialogue (coparentalité):

  • Ex: « Tu exagères, les enfants vont bien. »
  • Toi (en conscience): « J’entends que tu vois les choses autrement. Pour moi, la routine est importante. Vendredi 18 h? »

Réseaux sociaux: conscient au lieu d’impulsif

  • Détox 30 jours: couper le son, ce n’est pas un drame, c’est de l’auto-protection.
  • Marqueur « Stop-scroll »: petit autocollant sur le téléphone. Quand ton doigt part vers le fil: STOP, 3 respirations, pose le téléphone.
  • Alternatives utiles: 10 minutes de nature, une page de livre, 20 squats, quelque chose de corporel avant l’écran.

Pleine conscience orientée corps: réguler ton système nerveux

  • Respiration: 4–6 cycles par minute apaisent. Respiration en boîte (4–4–4–4) ou expiration plus longue (4 in, 6–8 out).
  • Froid/température: eau froide sur les poignets ou immersion du visage, stimulation du nerf vague (en conscience) pour apaiser rapidement.
  • Plaisir conscient: bois une tasse de thé avec pleine attention. Les micro-moments de sécurité signalent au cerveau: c’est ok.

Approfondir l’auto-compassion: la gentillesse n’est pas un luxe

L’auto-compassion n’est pas de l’apitoiement. C’est un soin actif. Les études montrent: plus de motivation, moins de procrastination, moins d’anxiété (Neff & Germer, 2013; Breines & Chen, 2012).

Rituel court (2 minutes):

  • Main sur le cœur, l’épaule ou le ventre, là où le contact fait du bien.
  • Phrases: « C’est difficile. Je ne suis pas seul·e. Que je sois bienveillant·e avec moi. Que je voie ce qui est nécessaire. »

Exemple: Léa, 41 ans, deux enfants, se sent coupable. Elle pratique un rituel d’auto-compassion avant de dormir. Après 14 jours, ses pics de rumination nocturne baissent et elle dort 45 minutes de plus.

Réordonner valeurs et sens

Les ruptures bousculent l’identité. La pleine conscience crée l’espace pour clarifier tes valeurs:

  • Liste 10 valeurs (honnêteté, soin, santé, créativité, etc.). Choisis 3 valeurs cœur pour les 8 prochaines semaines.
  • Question du jour: « Quel petit geste sert mes valeurs aujourd’hui? »
  • Revue hebdomadaire: Qu’est-ce qui m’a vivifié? Qu’est-ce qui m’a épuisé? Qu’est-ce que j’apprends sur moi?

Routines qui soignent: un plan simple

Matin (15–20 min): ancrage respiration (5), journal (5), mouvement doux (5–10). Midi: pause 3 minutes + 5 minutes de marche sans téléphone. Soir: body scan (10), thé en conscience, lumière basse, pas de téléphone au lit.

Parfait inutile. 70 % de constance valent mieux que 100 % de perfection. Tu as manqué une session? Le prochain souffle conscient est ton redémarrage.

Pleine conscience lors d’un contact ou d’une rencontre avec l’ex

  • Préparation: fixe une intention (« clair, calme, respectueux »), 2 minutes de respiration.
  • Pendant: pieds au sol, souffle, phrases courtes, pas de « traitement du passé » sur le pas de la porte.
  • Après: 5 minutes de marche, note « Qu’est-ce qui a été difficile? Qu’est-ce qui m’a aidé? »

Exemple d’erreur:

  • « Salut, ça va? J’ai repensé à nous… »
  • « Remise comme convenu. Prochain rendez-vous: vendredi 18 h. Merci. »

Cognitions basées sur la pleine conscience: recadrer sans forcer

  • Différenciation: « La pensée “Je ne serai plus jamais heureux·se” est un événement mental, pas un fait. »
  • Recadrage doux: de « jamais » à « pas encore », de « perdu » à « en transition ».
  • Changement de perspective: exercice de vue d’oiseau, imagine que tu t’observes avec bienveillance pendant 60 secondes.

Gérer solitude et manque

La solitude est une alarme physiologique. Réponds par de la connexion, mais consciemment:

  • Connexion sociale: 2 micro-rencontres par jour (sourire, small talk, appel de 5 minutes). Qualité avant profondeur.
  • Connexion sensorielle: nature, musique, art. 10 minutes d’émerveillement par jour (ciel, arbres, motifs).
  • Connexion intérieure: auto-compassion, main sur le cœur, 10 respirations lentes.

Exemple: Mehdi, 29 ans, saisit son téléphone le soir. Il crée une « routine solitude »: balade au coucher du soleil + appel à un ami + 10 minutes de guitare. Les textos nocturnes de rechute chutent nettement.

Stabiliser le sommeil, la moitié du chemin

  • Rituel d’atterrissage: 30 minutes avant le coucher, lumière douce, body scan, livre papier.
  • Temps d’inquiétude: 17 h 30–17 h 45, liste + prochaine action. Au lit, seulement la respiration.
  • Comptage de souffle: de 1 à 10, si l’esprit part, recommence avec douceur.

Si tu as des enfants: pleine conscience en coparentalité

  • Boussole enfant: « Qu’est-ce qui sert la sécurité et la stabilité des enfants? », pas « Qui a raison? »
  • Rituels de remise: mêmes horaires, mêmes mots. Phrases courtes et claires.
  • Check-in parent: 60 secondes de respiration avant de répondre. Pas de messages parents après 21 h.

Exemple: Nora, 36 ans, constate moins de conflits depuis qu’elle écrit en « je + faits + demande »: « Je suis stressée quand les plans changent à la dernière minute. Merci de prévenir 24 h avant. »

Les émotions comme des vagues: neuro-pédagogie au quotidien

  • Règle des 90 secondes: les pics d’affect durent souvent moins de 90 secondes si tu ne « réalimentes » pas mentalement.
  • Nommer apaise: l’étiquetage des émotions réduit l’activité de l’amygdale (Lieberman et al., 2007). Exerce-toi: « Tristesse présente, chaleur derrière les yeux. »
  • Microdosage: plusieurs pauses de 2–5 minutes valent mieux qu’une seule session de 30 minutes.

Pleine conscience et rencontres après la rupture

  • Signes de rebond: « Je ne veux juste pas être seul·e. » Mets en pause. Sens-toi d’abord.
  • Rencontre consciente: « 3 questions, 3 respirations ». Avant de répondre, ressens ce qui est vrai.
  • Alignement de valeurs: après 4–6 semaines de pratique, liste tes valeurs et vérifie si le comportement de l’autre y correspond.

Obstacles fréquents et comment les contourner

  • « Je n’arrive pas à méditer, ma tête est trop bruyante. » C’est justement pour ça que tu pratiques. Le but n’est pas le vide, c’est la relation à tes pensées.
  • « Pas le temps. » 3 minutes, 3 fois par jour suffisent pour démarrer. Accroche-les à des déclencheurs fixes (brossage de dents, café, porte).
  • « Trop douloureux. » Dose. Yeux ouverts, focus sur les sons externes, intervalles courts, « ancrage dans les pieds ».

Les mini-victoires comptent: 1 message impulsif non envoyé, 1 souffle conscient au supermarché, 5 minutes d’air frais. La guérison, c’est la somme de petites décisions.

Pratiques avancées

  • Attention ouverte (20 minutes): percevoir sans fixation, respiration comme fond discret.
  • Metta (bienveillance): « Que je sois en sécurité, en santé, en paix. » Plus tard, étends à des personnes neutres puis difficiles.
  • Lettre d’auto-compassion: écris-toi depuis ta part la plus sage et bienveillante, 10–15 minutes, 1 fois/semaine.

Ce qui est réaliste selon la science

  • Temporalité: 8–12 semaines de pratique régulière montrent des effets mesurables (concentration, affect, sommeil). Un soulagement rapide est possible, une transformation stable demande de la répétition.
  • Rechutes: normal. La pleine conscience les rend plus courtes et moins intenses.
  • Combinaison gagnante: mindfulness + comportements (sommeil, mouvement, contacts sociaux) fonctionne mieux qu’isolé.

Filet de sécurité: quand demander de l’aide

  • Signaux: insomnie persistante, perte de poids, idées suicidaires, abus de substances, attaques de panique.
  • Agir en conscience: parle à ton médecin, à un·e thérapeute. La pleine conscience complète, elle ne remplace pas un traitement en cas de symptômes sévères.

Une journée type (réaliste)

  • 07 h 30: 5 minutes de respiration.
  • 09 h 45: STOP avant un e-mail délicat.
  • 12 h 30: 10 minutes de marche sans téléphone.
  • 15 h 00: 10 minutes de fenêtre de rumination (papier, pas téléphone).
  • 18 h 00: cuisine consciente, musique sans paroles.
  • 21 h 15: body scan 10 minutes, extinction 22 h 00.

Trois scénarios de terrain

  • Camille, 34 ans: anxieuse, fort manque. Outils: règle des 90 secondes, RAIN, pause réseaux sociaux, 2 appels avec binôme/semaine. Après 3 semaines: moins d’impulsions, meilleur sommeil.
  • Thomas, 38 ans: évitant, engourdi. Outils: body scan 5 minutes, marche méditative, 1 session de metta/jour. Après 4 semaines: plus d’accès à la tristesse, moins d’évitement.
  • Léa, 41 ans: coparentalité, culpabilité. Outils: auto-compassion le soir, modèles de messages clairs, revue hebdo axée valeurs. Après 6 semaines: routines plus stables, moins de disputes.

Erreurs fréquentes après une rupture

  • Trop, trop tôt: commence petit. Sinon, tu associes la pratique à la surcharge.
  • Attentes: « Je veux être libéré·e tout de suite. » Remplace par: « J’apprends à surfer les vagues. »
  • Rester dans la tête: la pleine conscience n’est pas penser. Sens, respire, vois, écoute, reviens aux données primaires.

Petits outils, gros effet

  • Post-it « Respire » sur le frigo
  • Fond d’écran: « Expire long »
  • Rappel 2 fois/jour: « Redresse-toi, relâche les épaules, 3 respirations »
  • Check corporel d’1 minute entre deux tâches

Pleine conscience et colère

  • Autoriser, sans décharger sur l’autre. Frapper un coussin peut t’exciter davantage. Mieux: sentir le corps, expirer, marcher.
  • Étiqueter: « Chaud, pression au sternum, mains qui veulent serrer. »
  • Canaliser: 20 squats, eau froide, 10 minutes de marche rapide, puis poser une limite claire.

Pleine conscience et culpabilité/honte

  • La honte murmure « Je suis mauvais·e ». Réponds: « Une erreur humaine s’est produite. »
  • Auto-compassion: « Que je prenne mes responsabilités sans me déchirer. »
  • Réparation si pertinent: excuse brève sans justification, puis lâcher.

Le rôle du collectif

  • Binôme de pratique: 2 fois/semaine, appel de 10 minutes: 1 minute état, 8 minutes de silence, 1 minute retour.
  • Micro-gestes publics de lien: sourire bref, « merci », tenir la porte, signaux à ton intelligence sociale.

Reset après rechute

  • Constater: « Il y a eu une rechute. »
  • Reconstruire en conscience: quel déclencheur? Quels besoins non nourris?
  • Mini-plan: 1 changement concret pour la prochaine situation similaire.
  • Bienveillance: pas d’auto-haine. Apprends, ajuste, continue.

Check-lists

  • Matin: boire de l’eau, 5 respirations, lumière, intention du jour.
  • Midi: pause de 3 minutes, 10 minutes de marche.
  • Soir: 10 minutes de body scan, téléphone hors chambre.
  • Urgence: STOP, eau froide, 90 secondes, contacter une personne sûre.

Ce que montre la recherche sur les ruptures

  • Traitement émotionnel: l’ouverture aux émotions est corrélée à une meilleure adaptation (Sbarra, 2006).
  • Boucles non closes: les ruptures ambiguës prolongent la rumination. La pleine conscience aide à vivre l’ambivalence sans vouloir tout forcer à se clore.
  • Santé physique: marqueurs inflammatoires élevés après rupture. Réduction du stress, sommeil et mouvement protègent.

Grandir à long terme: croissance post-traumatique

  • Domaines de croissance: force personnelle, nouvelles possibilités, relations, appréciation de la vie.
  • Apport de la pleine conscience: présence + construction de sens sans forcer augmentent la probabilité de croissance.

Mini-programme en 10 points (jours très chargés)

  1. 3 respirations conscientes au réveil.
  2. Un verre d’eau.
  3. 1 minute de check corporel avant l’écran.
  4. 5 minutes dehors ou regarder le ciel par la fenêtre.
  5. Ancrage de 3 minutes avant un message difficile.
  6. Midi: 10 respirations profondes + relâcher les épaules.
  7. 17 h 30: fenêtre de rumination 10 minutes (papier).
  8. 19 h 00: 5 minutes d’étirements.
  9. 21 h 30: 10 minutes de body scan.
  10. 3 phrases d’auto-compassion au lit.

Associer musique, art et nature

  • Musique: instrumental, 60–80 bpm, synchronise le souffle.
  • Art: 5 minutes à regarder une photo/une œuvre. Décris seulement couleur, forme, ligne.
  • Nature: « Chercher et trouver » 3 verts, 3 textures, 3 sons. Le système nerveux aime les motifs du vivant.

Rendre visible les progrès

  • 3 indicateurs/semaine: durée de sommeil, actions impulsives (nombre), minutes de pratique.
  • Qualitatif: « Aujourd’hui, il m’a été plus facile de… » 1 phrase par jour.
  • Revue mensuelle: 30 minutes. Qu’est-ce qui aide le plus? Qu’est-ce que je lâche? Qu’est-ce que j’amplifie?

Foire aux questions (FAQ)

La régularité prime sur l’intensité. 10–15 minutes, 5 jours par semaine, montrent déjà des effets. Les micro-pauses réparties sur la journée sont efficaces.

À court terme, la conscience peut rendre les émotions plus présentes. Dose: yeux ouverts, focus sur les sons extérieurs, sessions plus courtes. Si la surcharge persiste, combine avec des exercices stabilisants ou fais-toi accompagner.

La pleine conscience n’est pas un outil de manipulation. Elle t’aide à voir plus clair, agir avec dignité et comprendre tes besoins. Si vous vous retrouvez, cela dépendra de la volonté des deux et de l’adéquation.

Crée un « temps d’inquiétude » l’après-midi, utilise le body scan le soir, laisse le téléphone hors de la chambre, compte les respirations de 1 à 10. Quand les pensées viennent, ne lutte pas, étiquette « planification/souvenir » et reviens au souffle.

Utilise des modèles, tiens-toi aux faits et aux horaires, pas de messages tardifs. 60 secondes de respiration avant d’envoyer. L’objectif, c’est la stabilité des enfants, pas d’avoir raison.

Ajoute de la friction: règle des 10 minutes, écris la note dans « Notes », appelle ton binôme avant. Entraîne STOP et la règle des 90 secondes. Les rechutes sont des opportunités d’apprentissage, pas des échecs.

Oui. Focalise respiration et sensations corporelles. 20–40 minutes de sport modéré réduisent le stress et améliorent le sommeil, c’est une combinaison idéale.

Coupe le son/désabonne-toi 30 jours, fixe des limites, enlève les apps de l’écran d’accueil, scroll conscient avec minuteur. Remplace par des micro-rencontres hors ligne.

Théorie polyvagale et « fenêtre de tolérance »: un compas pratique

  • Fenêtre de tolérance: zone où tu te sens régulé·e, tu penses clair, tu ressens et agis. Au-dessus: hyperactivation (agitation, panique, impulsions). En dessous: hypoactivation (engourdissement, apathie).
  • Polyvagal en bref (Porges):
    • Ventral-vagal (connexion): contact social, sécurité, attention flexible.
    • Sympathique (mobilisation): combat/fuite, activation élevée.
    • Dorsal-vagal (shutdown): figement, retrait.
  • Leviers de pleine conscience:
    • Réguler vers le haut (en hypo): stimuli sensoriels plus vifs, marche rapide, eau froide, décrire à voix haute.
    • Réguler vers le bas (en hyper): expiration plus longue, body scan, regard doux, sensations de poids et de sol.

Check-in express (60 secondes): « Où suis-je sur l’échelle 0–10 d’activation? Qu’est-ce qui me rapproche d’1 point du centre? »

Huit micro-méditations (scripts)

  1. 60 secondes pieds: « Sens le contact au sol. Le poids se répartit. À l’expiration, 1 % plus doux. »
  2. Redémarrage 3 respirations: « Inspire: ça s’élève. Expire: ça s’abaisse. Répète trois fois. Mini-sourire aux commissures. »
  3. Main sur le cœur: « Sens la chaleur sous la main. Dis doucement: “C’est comme ça maintenant.” »
  4. Sons comme des vagues: « Ouvre ton écoute. Les sons vont et viennent, toi tu restes. »
  5. Élargir le regard: « Le regard fixe se détend, la vision périphérique s’éveille. L’espace respire avec toi. »
  6. Ancre olfactive: « Hume le thé/l’huile. Nomme 3 nuances. Expire plus longtemps. »
  7. Délai de texto: « Écris. Minuteur 10 minutes. Envoie après, ou pas. »
  8. Souffle de gratitude: « Inspire: merci pour… Expire: je laisse… partir. »

Arbre de décision: no contact, low contact ou contact structuré?

  • No contact pertinent si: dépendance, nécessaire pour guérir, pas de projet commun (enfant, entreprise). Défini la durée (par exemple 60 jours), informe ton binôme.
  • Low contact si: sujets organisationnels rares. Règles: uniquement texte, uniquement faits, ton professionnel, délai de réponse 24–48 h.
  • Contact structuré si: enfants, projet de travail, logement. Outils: horaires clairs, fichier partagé, protocole d’escalade.

Rédige une « politique de contact »: but, canaux, horaires, escalade. Imprime-la.

Logement, souvenirs, rituels: lâcher prise en conscience

  • Crée des zones: « Lieu ressource » (seulement des choses apaisantes), « zone de travail », « zone de transition » (boîte à souvenirs scellée 90 jours).
  • Rituels:
    • Lettre non envoyée + rituel du feu (en sécurité): écris, lis à voix basse, brûle ou déchire en conscience.
    • Rituel de l’eau: sous l’eau courante, lave tes mains: « Aujourd’hui, je lâche 1 %. »
  • Tri conscient: minuteur 15 minutes, décide pour 10 objets: garder, mettre de côté, donner.

Travail et performance: rester focus malgré la rupture

  • Blocs 90/20: 90 minutes de deep work, 20 minutes de pause avec marche méditative.
  • Protection sensorielle: casque anti-bruit + playlist instrumentale. Pas de multitâche.
  • Urgence au travail: reset aux toilettes 2 minutes (eau froide sur les poignets, 10 respirations, rouler les épaules).

Jours fériés, dates, soirées: neutraliser les périodes à risque

  • Prépare: plan A (social), plan B (seul mais structuré), plan C (binôme joignable).
  • Commencer en douceur: marche à la lumière du jour, repas léger, douche chaude.
  • Règle « pas le premier message »: avant d’écrire pour une date symbolique, règle des 24 heures.

Co-régulation: s’apaiser à deux

  • Demande claire: « Peux-tu m’écouter 10 minutes, sans conseils? J’ai juste besoin d’une oreille et de respirer. »
  • Co-régulation physique: marcher au même rythme, respirer ensemble, la même tasse de thé.
  • Limites: si les ami·e·s sont trop, dis « Merci, c’est assez pour aujourd’hui. Je te rappelle demain. »

Alimentation, mouvement, substances: choisir en conscience

  • Repas de stabilité: protéines + glucides complexes + couleur (légumes/fruits). Réduis l’alcool, il dégrade sommeil et contrôle des impulsions.
  • Mouvement-médicament: 20–40 minutes modérées, 5–6 jours/semaine. Combine avec focus respiration.
  • Caféine: stop 6–8 heures avant de dormir. Si palpitations: passe au thé.

Biais cognitifs: les reconnaître et les détendre

  • Tout ou rien: « Je ne… jamais » → « En ce moment, je me sens ainsi, et cela peut changer. »
  • Lecture de pensée: « Il/elle pense sûrement… » → « Je ne sais pas. Je peux vérifier ou lâcher. »
  • Catastrophisme: « Ce sera terrible. » → « Quel est le scénario le plus probable? Quel petit pas ensuite? »

Exercice: écris 3 biais typiques. Trouve 1 alternative réaliste et bienveillante pour chacun.

Intentions de mise en œuvre (plans Si-Alors)

  • Si je prends mon téléphone le soir, alors je lance un minuteur de 10 minutes et je bois un verre d’eau avant.
  • Si je pense à mon ex, alors je nomme 3 choses qui vont bien ici et maintenant (soleil, souffle, chaise).
  • Si j’ai mal dormi, alors je fais 10 minutes de marche à la lumière du jour le matin.

Imagerie et lieux intérieurs

  • Lieu sûr: imagine une pièce calme. Décris couleur, lumière, température. Reste 5 respirations.
  • Guide sage: visualise une figure bienveillante (réelle ou fictive) qui te dit une phrase dont tu as besoin.

Pleine conscience dans la séparation juridique/administrative

  • Centralise les documents: « dossier séparation » (numérique/physique). 2 fois/semaine 30 minutes, jamais la nuit.
  • Journal de communication: date, sujet, ton, résultat. Lis en conscience avant de répondre.
  • Auto-soin après rendez-vous: 15 minutes d’après, marche, thé, 3 phrases écrites.

Pratique informée par le trauma

  • Le dosage fait le remède: commence par 30–90 secondes. Sécurité avant profondeur.
  • Orientation: tourne doucement la tête, nomme 5 choses. « Maintenant, c’est maintenant. »
  • Pendulation: va brièvement vers un endroit corporel sûr (les pieds), 5–10 secondes vers la zone difficile, puis reviens.
  • Envisage un accompagnement si: flashbacks, dissociation, pression auto-agressive, surcharge durable.

Metta pour personnes difficiles (dont l’ex) – plus tard

  • Phase 1 (4 semaines): metta pour toi et des personnes neutres.
  • Phase 2 (dès semaine 5–6): bref, dosé, pour personnes difficiles: « Toi aussi, tu souhaites être libre de souffrance. » Si surcharge: reviens aussitôt à une personne neutre.

Langage conscient: des mots qui apaisent

  • De « il faut » à « je choisis ».
  • De « toujours/jamais » à « parfois/en ce moment ».
  • De « pourquoi » à « comment » (« Comment puis-je prendre soin de moi? »).

Pistes de journaling (5–10 minutes)

  • Aujourd’hui, c’était difficile quand … Mon corps ressentait … Je me suis aidé·e avec …
  • Une valeur que je sers aujourd’hui est … Une mini-action: …
  • Une chose que je lâche … Une chose que j’accueille …

Plan étendu sur 8 semaines (durable)

  • Semaine 5: productivité consciente (plan du jour + 2 blocs focus), 1 rencontre sociale/semaine.
  • Semaine 6: approfondir metta, 1 lettre d’auto-compassion, réseaux sociaux 60 minutes/semaine.
  • Semaine 7: projet porteur de sens (cours, bénévolat, hobby) – 2 fois/semaine 45 minutes.
  • Semaine 8: intégration: choisis tes pratiques préférées, écris un plan anti-rechute, rituel de jalon.

Cas particuliers

  • Lieu de travail commun: zones claires, tiers neutre pour les réunions, privilégie l’écrit.
  • Petite ville/amis communs: « déclaration de clarté » aux proches, pas de tests de loyauté.
  • LGBTQIA+ et stress minoritaire: reconnaître les charges supplémentaires (coming-out, taille de la communauté). Cherche un soutien pair ciblé.

VFC et respiration: mini-biofeedback sans appareil

  • Compte 6 secondes à l’inspiration, 6 secondes à l’expiration, 5 minutes. Relâche les épaules.
  • Quand les pensées viennent: étiquette « penser », reviens doucement au comptage.

Démystifier la mindfulness

  • Mythe: « La pleine conscience, c’est tout accepter. » Réalité: accepter l’instant pour agir plus intelligemment.
  • Mythe: « Tête vide. » Réalité: une autre relation aux pensées, pas leur absence.
  • Mythe: « Seulement assis. » Réalité: marcher, faire la vaisselle, se doucher, écrire, tout peut devenir pratique.

Hygiène numérique – kit

  • Dossier d’apps « Plus tard »: exile les réseaux dedans.
  • Mode noir et blanc dès 20 h.
  • Fenêtres e-mails: 2 fois/jour, 30 minutes. Entre-temps: pas de mails.

Glossaire (court)

  • Ancre: focus neutre (souvent le souffle) vers lequel tu reviens.
  • Décentration: voir pensées/émotions sans s’y confondre.
  • Co-régulation: des systèmes nerveux s’apaisent mutuellement en lien.
  • RAIN: Recognize – Allow – Investigate – Nurture/Non-ID.

Trois vignettes détaillées

  • Jasmine, 27 ans, attachement désorganisé, fortes fluctuations: 3 fois/jour, 2 minutes d’orientation, 1 binôme quotidien. Résultat à 6 semaines: moins de pics de panique, premiers cycles de sommeil stables.
  • Alexandre, 45 ans, divorce, cabinet, forte pression: focus 90/20, fenêtres e-mail, 5 minutes de respiration avant réunion. Résultat à 8 semaines: productivité revenue, moins d’heures sup, plus de ruminations nocturnes.
  • Nadia, 33 ans, mariage international, pression culturelle: metta + clarification des valeurs, groupe de pairs, rituel de lâcher-prise. Résultat: plus d’auto-compassion, limites plus claires en famille.

Boîte à outils jours fériés et vacances (check-list)

  • Réserver/planifier tôt? Oui/Non. Alternative: plan « vacances à la maison » avec liste d’activités.
  • « Personnes sûres »: noms + disponibilité.
  • Plaisirs sans regrets: teste 3 boissons préférées sans alcool.
  • Atterrissage post-événement: bain/douche 20 minutes, 10 minutes d’écriture, coucher plus tôt.

Closure consciente – sans forcer

  • Lettre non envoyée: écris 15 minutes, laisse 24 heures, puis rituel.
  • Liste gratitude & deuil: 3 choses apprises, 3 choses à pleurer.
  • Mini-futur: 200 mots à « Moi dans 6 mois ».

Mini-retraite à la maison (2–3 heures)

  • 20 minutes assis (respiration), 30 minutes marche, 20 minutes metta, pause, 20 minutes body scan, 20 minutes journaling. Téléphone éteint, bougie allumée, thé prêt.

Quand la panique monte

  • 5–4–3–2–1 plus expiration longue.
  • « Respiration triangle »: inspire 4, retiens 2, expire 6–8. 3–5 minutes.
  • Compte à rebours de 100 par pas de 7. Puis 10 minutes de marche calme.

Revenir aux rencontres – garde-fous

  • Auto-check: « J’agis par abondance ou par manque? »
  • Rythme: 1 rendez-vous/semaine, 1 heure, en journée. Pas d’alcool au premier rendez-vous.
  • Après: 10 minutes d’écriture « Qu’est-ce qui sonnait juste? Qu’est-ce qui ne sonnait pas? » Pas de rumination nocturne, décide demain.

Valeurs → comportements: construire des ponts

  • Valeur « dignité » → Comportement: messages seulement en journée, ton neutre.
  • Valeur « santé » → Comportement: prioriser le sommeil, 20 minutes de mouvement.
  • Valeur « lien » → Comportement: 2 vraies rencontres/semaine.

Protocole de rechute (à remplir)

  • Qu’est-ce qui s’est passé juste avant? (Faim, Colère, Solitude, Fatigue - HALT)
  • Quels besoins non servis? (repos, contact, sens, mouvement)
  • Qu’est-ce qui sera 1 % mieux la prochaine fois?

Toi + ton corps: PMR light (relaxation musculaire progressive)

  • Froncer le front 5 secondes, relâcher. Serrer la mâchoire, relâcher. Monter les épaules, relâcher. Poings, relâcher. Ventre, relâcher. Mollets, relâcher. Doux, amical, sans douleur.

Éclats de recherche – ce qui aide aussi

  • Se tenir la main/proximité fiable diminue les réseaux de menace (Coan et al., 2006).
  • Le biofeedback VFC améliore la régulation émotionnelle (Lehrer & Gevirtz, 2014).
  • Les programmes de pleine conscience montrent des effets de petite à moyenne taille sur anxiété/dépression (Hofmann et al., 2010).

Comment naît la rumination dans le cerveau

  • Réseau du mode par défaut (DMN): actif pour l’auto-référence, le souvenir, la planification. Souvent suractivé après rupture, nourrit les boucles de pensée.
  • Réseau de saillance (SN): détecte ce qui est pertinent/menaçant. En chagrin d’amour, sur-axé sur les « dangers sociaux » (regards, messages, lieux).
  • Réseau fronto-pariétal de contrôle (FPCN): aide à rediriger l’attention. La pleine conscience renforce ce « centre de commutation » pour te ramener du DMN à la présence sensorielle.
  • Neuroplasticité: de courts moments répétés de pleine conscience « recâblent » de nouveaux schémas. Pense en semaines, pas en jours. Constance > perfection.

Exercice: audit rumination 7 jours

  • Jours 1–2: compte seulement. Combien de fois te surprends-tu à ruminer? Fais des bâtons sur papier.
  • Jours 3–4: étiquette. À chaque fois, nomme brièvement: « souvenir », « comparaison », « planification ».
  • Jours 5–6: redirige. 10 respirations + 1 focus sensoriel (son/vue).
  • Jour 7: revue. Top déclencheurs? Quelles contre-mesures aident le plus vite? Planifie 1–2 plans Si-Alors.

Carte SOS pour moments aigus (imprimable)

  • Je remarque: 3 signes corporels + 3 phrases de pensée.
  • Je respire: 4 in – 6–8 out, 10 cycles. Option: « soupir physiologique » (deux courtes inspirations, longue expiration).
  • Je m’ancre: pieds, chaise, élargir le regard, 5–4–3–2–1.
  • Je décide: différer l’envoi, minuteur 10 minutes, appeler mon binôme.
  • Je note: 1 phrase « De quoi ai-je vraiment besoin? »

Urge surfing pour l’envie de texter (pas à pas)

  1. Repérer: « Il y a une envie de contact » (pas « Je dois écrire »).
  2. Échelle 0–10: quelle intensité? Note le chiffre.
  3. Carte du corps: où est-ce? chaleur/fourmillement/pression.
  4. Respiration 90 secondes: expiration plus longue, observe les vagues.
  5. Check valeurs: ce message sert-il mes valeurs (dignité, clarté, protection)?
  6. Action alternative: 10 squats, boire de l’eau, 2 minutes de marche.
  7. Porte de décision: si envie < 4/10, nouveau check dans 10 minutes. Le message reste brouillon.

Désamorcer les conflits avec pleine conscience + CNV light

  • Observation plutôt qu’évaluation: « Hier, l’info est arrivée 30 minutes avant la récupération » (au lieu de « Tu es peu fiable »).
  • Nommer le ressenti: « Je suis stressé·e et incertain·e ».
  • Clarifier le besoin: « J’ai besoin de planifier ».
  • Demande concrète: « Merci de prévenir 24 heures avant. » Respire avant d’envoyer, 3 phrases maximum par message.

Trois respirations, trouve ta préférence

  • Respiration cohérente: 5–6 cycles/minute (6 in/6 out). Quotidien, apaisant.
  • Soupir physiologique: courte inspiration + micro ré-inspiration, longue expiration. Décharge rapide.
  • 4–7–8 (doux): 4 in, 7 pause, 8 out. Dose prudemment, stop si vertige. Note: si les apnées ne te conviennent pas, supprime-les. L’expiration longue reste le cœur.

Rituels conscients pour le deuil

  • Fenêtre bougie: 5 minutes par jour. 1 pensée de gratitude, 1 pensée à laisser partir.
  • Marche du souvenir: 20 minutes, pense à un beau moment, respire avec gratitude, puis reviens volontairement au présent (nomme arbres, sons).
  • Objet de transition: petit symbole de « nouveau départ » visible (galet, carte avec une phrase).

Travailler avec tes parts intérieures

  • Mini-dialogue: « Une part de moi a de la nostalgie, une autre veut me protéger. » Note-les en 2 colonnes. Donne 1 phrase de compréhension à chacune. Puis: « Quelle petite action bienveillante sert les deux? »
  • Ancre corporel pour la « part sage »: main sur ventre/cœur, 3 respirations, puis décide.

Trouver un·e thérapeute – en conscience

  • Alliance > méthode: te sens-tu vu·e, en sécurité, respecté·e?
  • Approches probantes: MBCT, ACT, EFT (couple), thérapie des schémas, approche sensible au trauma.
  • Première séance: clarifier objectifs, limites, plan d’urgence. Tu peux changer si ça ne convient pas.

Sécurité d’abord: violence, harcèlement, contrôle

  • La pleine conscience aide à te réguler, elle ne remplace pas des mesures de protection.
  • Plan de sécurité: prévenir une personne de confiance, documenter, numéros d’urgence prêts, contacter si besoin un service d’aide.
  • Sécurité numérique: change les mots de passe, vérifie le partage de position, canaux de communication séparés. Si tu es en danger immédiat, contacte la police/les secours.

Retour au focus au travail

  • Journée en 3 blocs: 2 blocs focus le matin, 1 l’après-midi. Entre, micro-pauses marche/respiration.
  • Fenêtres de communication: regroupe mails/chats. Pas de messagerie pro le soir.
  • « Assez bien »: définis le minimum par tâche (par exemple « brouillon terminé, pas parfait »).

Le matin après une rechute

  • 3 phrases: « C’est arrivé. Je suis humain·e. Aujourd’hui, je choisis 1 % mieux. »
  • Mini-revue: déclencheur, besoin, 1 contre-mesure. 5 minutes max.
  • Mets le corps en mouvement: 10 minutes de marche, expire long.

Micro-doses de joie (sans positivité toxique)

  • 30 secondes de soleil sur le visage.
  • 1 chanson préférée écoutée en conscience.
  • Toucher 3 textures (bois, tissu, pierre).
  • 1 mot qui porte: « Doux », « Lentement », « Assez » à l’expiration.

Rituel de clôture après 30 jours

  • Revue: quelles pratiques je garde? Qu’est-ce que je lâche?
  • Merci à toi: courte lettre « Merci d’avoir tenu ».
  • Engagement: 1–2 ancrages quotidiens fixes, 8 semaines de plus.

Pour finir: 4 phrases par jour

  1. Voilà ce qui est: « En ce moment, je vis … »
  2. Voilà mon souffle: « Inspire, ça s’élève. Expire, ça s’abaisse. »
  3. Voilà mon geste: « Un petit pas vers la valeur … est … »
  4. Voilà mon ton intérieur: « Je suis un être humain. Que je sois bienveillant·e. »

Résumé et espoir

La pleine conscience n’« efface » pas la douleur, elle te fait passer de l’impuissance à l’agentivité. Tu apprends à voir les pensées comme des pensées, à surfer les vagues émotionnelles et à apaiser ton système nerveux. La science le montre bien: la pratique régulière réduit rumination, stress et réactivité, et améliore sommeil, régulation émotionnelle et auto-compassion. Tu n’as pas besoin d’être parfait·e. Chaque souffle conscient est un pas vers plus de clarté, de dignité et de liberté intérieure. Ce ne sera pas plus facile chaque jour, mais tu deviendras plus fort·e et plus fin·e pour rencontrer ce qui est là. C’est le début d’une vraie guérison.

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