Souvenirs de ton ex: comment les gérer au quotidien

Souvenirs de son ex: explications scientifiques et stratégies pratiques. Gère les déclencheurs, applique le silence radio, régule tes émotions et avance, pas à pas.

24 Min. de lecture Guérison Émotionnelle

Pourquoi lire cet article

Tu voudrais la paix dans ta tête, pourtant les souvenirs de ton ex te sautent dessus aux pires moments: au supermarché, sur le canapé, en scrollant sur les réseaux. Ces «souvenirs ex» ne sont pas un signe de faiblesse, ils reflètent la façon dont l’attachement, la mémoire et les systèmes de récompense du cerveau fonctionnent. Ce guide relie les avancées en théorie de l’attachement, neuropsychologie et régulation émotionnelle à des stratégies concrètes et pratico-pratiques. Tu vas comprendre pourquoi certains déclencheurs te déstabilisent, comment amortir les vagues aiguës et comment recalibrer ta mémoire à long terme. Avec des plans pas à pas, des exemples réalistes et beaucoup de bienveillance, pour que tu ne fasses pas que fonctionner, mais que tu guérisses vraiment.

Fondements scientifiques: pourquoi les souvenirs de ton ex sont si tenaces

Les souvenirs d’une relation ne sont pas que des «images dans la tête». Ils sont étroitement liés à ton système d’attachement, à ton système de récompense et à tes réseaux émotionnels. Leur interaction explique pourquoi les «souvenirs ex» arrivent par vagues récurrentes et pourquoi des signaux anodins (une chanson, un lieu, une odeur) peuvent les relancer.

  • Système d’attachement: John Bowlby et Mary Ainsworth ont montré que l’attachement est un système motivationnel biologique qui régule la proximité. La séparation l’active fortement et déclenche protestation, désespoir puis résignation. Cela lance un programme de «recherche de proximité», ton cerveau scanne des indices liés à l’ex pour apaiser le système d’attachement.
  • Système de récompense: Helen Fisher et ses collègues ont trouvé par IRMf que le rejet amoureux active le système dopaminergique de récompense, aussi impliqué dans l’addiction. Les souvenirs ressemblent à des cravings, et le contact peut agir comme un «shoot» à court terme, ce qui renforce la dynamique de sevrage.
  • Chevauchement avec la douleur: Eisenberger et Kross ont montré que la douleur sociale (rejet) active des régions cérébrales proches de celles de la douleur physique. D’où cette sensation de douleur presque corporelle face à un message ou une photo.
  • Réseaux mnésiques: hippocampe (contexte) et amygdale (émotion) relient expériences et émotions, odeurs, lieux, sons. Plus l’émotion est intense, plus le souvenir est stable et accessible. Les sommets et les creux de la relation sont donc très présents.
  • Reconsolidation: les souvenirs ne sont pas fixes. Lors du rappel, ils deviennent «malléables» et peuvent être modifiés puis re-stockés. On peut diminuer la charge émotionnelle si l’on reconsolide le souvenir dans de nouvelles conditions.
  • Ruminations et effet ironique: ruminer en boucle entretient les émotions négatives et retarde la guérison. Paradoxalement, la suppression volontaire («Je ne dois pas penser à lui/elle!») accentue les intrusions, c’est l’effet ironique du contrôle mental.

En bref: tes «souvenirs ex» sont des processus normaux et biologiques, pas un échec personnel. Et ce que le cerveau a appris, il peut le désapprendre. C’est exactement le but de ce guide.

Résumé des mécanismes

  • L’attachement alimente la recherche de proximité après la rupture
  • Le système de récompense renforce les «cravings» de contact
  • La douleur sociale ressemble, au niveau cérébral, à la douleur physique
  • Les émotions fortes fixent les souvenirs, les déclencheurs les réactivent
  • La reconsolidation permet de réécrire la charge d’un souvenir

Erreurs fréquentes

  • Supprimer les pensées au lieu de réguler ses émotions
  • Contacter impulsivement (SMS, stalking) pour un soulagement immédiat
  • Se re-déclencher sans filtre: lieux, playlists, réseaux sociaux
  • Culpabilité/honte au lieu d’auto-compassion
  • S’isoler au lieu de demander un soutien ciblé

La neurochimie de l’amour ressemble à une addiction. Après une rupture, une brève rencontre peut agir comme un «hit».

Dr. Helen Fisher , Anthropologue, Kinsey Institute

Ce qui alimente les souvenirs: types de déclencheurs et leur action

Tous les souvenirs ne fonctionnent pas pareil. En reconnaissant les types, tu peux agir plus précisément.

Souvenirs induits par des indices (cue-induced)
  • Définition: une chanson, un café, un hoodie, l’odeur d’un parfum.
  • Pourquoi ça marche: les indices de contexte et d’odeur sont fortement reliés à la mémoire émotionnelle.
  • Ce qui aide: gestion systématique des déclencheurs et exposition graduée avec nouvelle signification.
Souvenirs intrusifs (images envahissantes)
  • Définition: une image ou une phrase qui surgit sans contrôle conscient.
  • Pourquoi ça marche: charge émotionnelle non «digérée», effets ironiques de la suppression.
  • Ce qui aide: stratégies d’acceptation, compétences souffle/corps, re-cadrage bref, rescripting d’images.
Chaînes de rumination
  • Définition: boucles sans fin du type «et si…» et scénarios hypothétiques.
  • Pourquoi ça marche: donne l’illusion de contrôle, augmente l’affect négatif et bloque les solutions.
  • Ce qui aide: si-alors, fenêtre de rumination, écriture orientée solutions, clarification des valeurs.
Déclencheurs sociaux
  • Définition: amis communs, réseaux sociaux, anciens fils de discussion.
  • Pourquoi ça marche: les signaux sociaux maintiennent les réseaux d’attachement actifs, comparaison sociale.
  • Ce qui aide: hygiène digitale, limites sociales, nouveaux rituels.
Déclencheurs physiques
  • Définition: manque de sommeil, stress, cycles hormonaux, alcool, tout augmente la réactivité.
  • Pourquoi ça marche: moindre régulation émotionnelle, amygdale plus réactive.
  • Ce qui aide: prioriser le sommeil, bouger, manger, gérer alcool/caféine.

Stratégies d’urgence: quoi faire MAINTENANT lors d’une vague

Quand la vague arrive, tu as besoin d’outils qui agissent en 2-5 minutes. Pense-les comme des premiers secours pour ton système nerveux.

  • Règle STOP (inspirée de la TCD)
    • S: Stop, dis-toi «Stop», n’agis pas.
    • T: Respiration profonde, 4 secondes d’inspiration, 6 secondes d’expiration, 6-10 cycles.
    • O: Orientation, nomme 5 choses que tu vois, 4 que tu sens, 3 sons, 2 odeurs, 1 goût.
    • P: Priorités, quel est mon prochain micro-pas utile?
  • Règle des 90 secondes Les vagues intenses diminuent souvent en 60-90 secondes si tu ne les alimentes pas. Lance un chrono, reste avec le souffle et le corps.
  • Étiquetage (labeling) «Je remarque une vague de souvenirs et l’impulsion d’écrire.» Nommer réduit l’activité de l’amygdale et augmente le contrôle préfrontal.
  • Reappraisal léger (re-cadrage express) Question: «Quelle explication alternative, plus aidante, existe?» Exemple: «Ce lieu n’est pas douloureux en soi, il fait partie de mon histoire, pas de mon futur.»
  • Urge surfing Imagine l’envie d’écrire comme une vague. Tu la surfes avec le focus souffle/corps, sans y céder. L’envie retombe.
  • Micro-action Une activité d’1-2 minutes qui te redonne de l’efficacité personnelle: 20 squats, eau froide sur les poignets, 10 respirations en box breathing (4-4-4-4), 10 lignes de journal.
  • Note SOS sur le téléphone Crée une note avec tes 3 meilleurs apaisants, 2 numéros à appeler et 1 phrase qui t’ancre («Je gère la prochaine minute.»).

Important: ces outils ne remplacent pas le travail de fond. C’est un parapluie sous l’averse, utile, mais il te faudra aussi une bonne veste, des stratégies long terme.

Gestion des déclencheurs: systématique plutôt qu’au hasard

Tu n’as pas à fuir tous les déclencheurs. L’idée est d’en gérer l’ordre et l’intensité, pour que ton cerveau puisse reconfigurer ses associations.

  • Hygiène digitale
    • 30 jours à mettre en sourdine/se désabonner/archiver tous les canaux de l’ex (stories, fils communs, dossiers photo). Tu réactiveras plus tard de façon sélective.
    • Bloquer les rappels: désactive «Souvenirs de ce jour» dans les applis photo.
    • Si-alors: «Si je vais sur son profil, je fais d’abord 10 respirations et je le quitte.»
  • Espaces et trajets
    • Nouveaux chemins pour aller au travail, autres horaires courses, réagencer les meubles. Objectif: même environnement, nouveaux signaux.
    • Changer d’odeur: un nouveau parfum d’intérieur agit vite comme reset de contexte.
  • Fenêtres de temps
    • Pas d’exposition aux déclencheurs juste avant de dormir, cela fixe des associations négatives. Préfère en journée avec une phase de récupération ensuite.
  • Exposition graduée
    • Établis une hiérarchie de déclencheurs (1-10). Commence avec des 2-3 et monte progressivement en appliquant les compétences.
  • Réseau social
    • Informe 2-3 personnes de confiance de tes déclencheurs et demande-leur d’éviter photos, infos, prénom dans les conversations.

Changer la mémoire: reconsolidation et rescripting d’images au quotidien

Tu peux diminuer la charge émotionnelle d’un souvenir en le rappelant volontairement dans un nouveau cadre de sens.

  • Fenêtre de reconsolidation
    • Évoque brièvement (30-60 secondes) une scène précise, active l’émotion de façon modérée, puis introduis immédiatement une nouvelle signification et une nouvelle sortie.
  • Rescripting d’images (version simplifiée)
    1. Active la scène: vois, entends, sens.
    2. Image sur pause: mets sur arrêt sur image.
    3. Ton toi futur arrive: il te protège, dit ce dont tu avais besoin, te guide hors de la scène.
    4. Nouvelle fin: tu quittes la scène, tu choisis une action saine (appeler un ami, marcher, musique), tu sens l’allégement.
    5. Ancre corporel: une main sur le cœur, respiration lente. Mémorise ce ressenti.
  • Re-cadrage de sens
    • Exemple: au lieu de «J’ai échoué», «Cette relation m’a appris ce que je veux exprimer plus clairement à l’avenir, mes valeurs et besoins.»
  • Écriture expressive
    • 15 minutes pendant 3-4 jours: écris honnêtement sur tes émotions et ce que tu en tires. Les études montrent des effets sur le traitement émotionnel et l’immunité.
  • «Phrase parachute»
    • Crée une phrase qui condense la nouvelle signification, par exemple: «Ce souvenir appartient à mon avant, je construis mon après.» Répète-la quand le souvenir surgit.

Stopper la rumination: du pourquoi au comment

La rumination entretient la douleur. L’objectif est de passer de «Pourquoi c’est arrivé?» à «Comment je m’en occupe aujourd’hui?»

  • Fenêtre de rumination
    • Autorise-toi 15 minutes par jour. Si les pensées arrivent hors fenêtre, note «Plus tard à 18 h 30» et reviens à ta tâche.
  • Questions de processus plutôt que de cause
    • Au lieu de «Pourquoi il/elle a…?»: «Quelle petite chose me sert maintenant?» «Quelle limite je respecte aujourd’hui?»
  • WOOP (Wish-Outcome-Obstacle-Plan)
    • W: «Je veux redormir sereinement.»
    • O: «Je me réveille reposé·e.»
    • O: «Scroll nocturne lié à l’ex.»
    • P: «À 22 h, mode avion et 10 pages de livre.»
  • Défusion cognitive (ACT)
    • Au lieu de «Je suis seul·e»: «J’ai la pensée: ‘Je suis seul·e’, et maintenant je peux faire X.»
  • Micro-exercice d’auto-compassion
    • 30 secondes: main sur le cœur, respire. Dis-toi: «C’est un moment de douleur. Beaucoup de gens vivent cela. Que je sois bienveillant·e avec moi.»

Si la rumination glisse vers l’auto-dévalorisation, le désespoir ou des idées suicidaires, demande immédiatement de l’aide professionnelle (médecin traitant, psychologue/psychothérapeute, services d’urgence). Tu n’as pas à gérer cela seul·e.

Règles de contact: silence radio, low contact et coparentalité

Le «silence radio» n’est pas un dogme, c’est une accélération de guérison étayée, car il réduit déclencheurs et cravings. Avec des enfants, le silence radio est rarement possible, il faut alors un contact minimal avec des garde-fous clairs.

  • Silence radio (au moins 30-45 jours)
    • Pour: couples sans coparentalité et sans obligations urgentes communes.
    • But: stabiliser le système nerveux, réduire la densité de déclencheurs, renforcer l’autorégulation.
    • Mise en œuvre: bloquer ou mettre en sourdine, mettre de côté les objets communs, informer les amis communs: «Je prends une pause de contact.»
  • Contact minimal (coparentalité, travail)
    • Communication purement factuelle, pas de sujets émotionnels.
    • Asynchrone et écrit (email plutôt qu’appel) pour baisser la réactivité.
    • Plages horaires claires pour échanger.
    • Utiliser des scripts (ci-dessous) et s’y tenir.
  • Scripts de passation (exemple avec enfants)
    • Faux: «Salut, ça va? Les enfants te manquent.»
    • Correct: «Passation vendredi 18 h comme convenu. Les médicaments sont dans le sac bleu.»
  • Contexte professionnel
    • Réunions: agenda à l’avance, pas de hors-sujet.
    • Placement: éviter d’être côte à côte.
    • Suivi: court compte rendu par email.

Exemples du quotidien: scénarios et solutions

  • Sarah, 34 ans, entend «leur chanson» à la radio et est submergée.
    • Aigu: STOP, règle des 90 secondes, respiration. Puis re-cadrage express: «Cette chanson fait partie de mon passé. Aujourd’hui, c’est mercredi, je suis en voiture, je conduis en sécurité.» Ensuite, changer de playlist, mettre la chanson en muet.
    • Long terme: construire une hiérarchie de déclencheurs, réécouter la chanson en semaine 3 dans un cadre contrôlé avec rescripting d’images.
  • Mehdi, 28 ans, travaille dans la même équipe que son ex.
    • Contact minimal: emails seulement, plages de travail claires.
    • Script: «Merci pour l’info. Je prends les points 2 et 3, échéance vendredi 12 h.»
    • Self-care: pause de 10 minutes après chaque interaction, brève respiration, pas d’exploration des réseaux.
  • Julie, 41 ans, coparentalité, l’ex arrive avec sa nouvelle partenaire.
    • Préparation: script mental, focus sur l’enfant. Phrase: «Merci, bonne route. Prochaine passation dimanche 17 h.»
    • Après: marche de 20 minutes, appeler une amie, pas de réseaux pendant 2 heures.
  • Thomas, 25 ans, premier grand amour, scroll nocturne.
    • WOOP: «À 22 h, mode avion, téléphone à charger hors chambre.»
    • Rituel de remplacement: 10 pages de livre + respiration 4-6.
  • Aïcha, 32 ans, style d’attachement anxieux, fortes impulsions de contact.
    • Urge surfing + si-alors: «Si je commence à taper, je pose le téléphone et je fais 10 respirations.»
    • Écriture: «Qu’aimerais-je que mon moi futur dise de cette phase?»
  • Julien, 37 ans, style évitant, veut «tenir bon», mais subit des intrusions.
    • Au lieu de supprimer: 3 minutes d’acceptation + étiquetage: «Voilà de la tristesse, je peux la contenir sans agir.»
    • Prévoir de petites doses de soutien social, même si cela surprend.
  • Lara, 29 ans, rumination «Et si j’avais fait X autrement?»
    • Fenêtre de rumination 15 minutes, puis écriture orientée solutions: «Quelles 2 règles de communication j’emporte dans la prochaine relation?»
  • Marc, 45 ans, divorce, cercle d’amis commun.
    • Message proactif au groupe: «Je fais du low contact, merci de ne pas me donner de nouvelles d’elle.»
    • Nouvelle activité de groupe, sans lien avec l’ancienne relation.

Plan de stabilisation sur 30 jours

But: dialoguer avec ton système nerveux, construire la sécurité, baisser la densité de déclencheurs, augmenter le sentiment d’efficacité personnelle.

Semaine 1

Sevrage et protection

  • Mettre en place silence radio/low contact, couper les déclencheurs digitaux
  • Prioriser le sommeil: rythme fixe, pas de téléphone dans la chambre
  • 10-15 minutes d’activité physique par jour, 5 minutes de respiration
  • Créer une liste d’urgence (personnes, compétences, phrases)
Semaine 2

Mettre de l’ordre

  • Mini réagencement du logement, nouvelle odeur d’intérieur
  • Créer une hiérarchie de déclencheurs (1-10)
  • Introduire la fenêtre de rumination, planifier WOOP
  • Informer 2-3 proches sur la façon de t’aider
Semaine 3

Exposition douce

  • Affronter des déclencheurs bas (2-3/10) avec les compétences
  • 2 sessions d’écriture de 15 minutes
  • Début du rescripting d’images
  • Petites routines de plaisir (musique, nature, cuisine)
Semaine 4

Consolider

  • Monter à des déclencheurs 4-5/10 si stable
  • Formuler le re-cadrage de sens, ancrer la «phrase parachute»
  • Revue: qu’est-ce qui marche? que faut-il ajuster?

70-80%

Beaucoup rapportent une nette amélioration en 4-6 semaines quand ils réduisent les déclencheurs et appliquent les compétences.

30-45 jours

Une phase de silence radio réduit les cravings de façon mesurable, proche d’un sevrage comportemental.

2-5 minutes

C’est souvent le temps d’action des techniques souffle/corps sur une vague aiguë.

Programme 12 semaines: du survivre au construire

  • Semaines 1-4: stabiliser (voir plan 30 jours)
  • Semaines 5-8: reconsolidation et travail sur les valeurs
    • Une session hebdo de rescripting d’images
    • Clarifier les valeurs (ex. honnêteté, respect, auto-soin), en tirer 1-2 actions par semaine
    • S’entraîner à communiquer (messages en «je», limites)
  • Semaines 9-12: expansion sociale et pro
    • Nouvelles activités (groupe sport, cours) avec structure hebdo
    • Digital: réactiver sélection d’éléments qui te renforcent
    • Bilan: apprentissages de la relation, sans auto-dévalorisation

Communication: scripts qui te protègent

  • Premier contact après silence radio (si pertinent seulement)
    • «Je te contacte pour clarifier X. Remettre des émotions sur la table ne m’aide pas. Restons-en aux faits.»
  • Coparentalité, principes BIFF (Brief, Informative, Friendly, Firm)
    • «Brief»: «Récupération à 17 h, rendez-vous médecin lundi 9 h.»
    • «Informative»: seulement les infos utiles.
    • «Friendly»: ton neutre.
    • «Firm»: conclusion claire («Merci de confirmer avant 18 h.»)
  • Limites avec les amis
    • «Merci pour ton soutien, mais pas d’actus sur lui/elle pour l’instant.»

Corps et cerveau: leviers biologiques

  • Sommeil: 7-9 heures, horaires constants, obscurité, frais, pas de lumière bleue 60 minutes avant.
  • Mouvement: 150 minutes/semaine, dont 2-3 séances de renfo. Le mouvement diminue les hormones de stress et favorise la neuroplasticité.
  • Alimentation: repas réguliers, protéines, oméga 3, peu d’alcool. Les montagnes russes glycémiques augmentent la réactivité.
  • Respiration: 4-6 (4 s d’inspiration, 6 s d’expiration) module le nerf vague.
  • Nature et lumière: 30-60 minutes de lumière du jour, surtout le matin.

Valeurs, sens et identité après la rupture

Une rupture peut creuser un trou identitaire. Le travail sur les valeurs aide à le combler.

  • Inventaire de valeurs: liste 10 valeurs, choisis 3 valeurs guides pour les 8 prochaines semaines.
  • Micro-pas: par valeur, une action de 10 minutes par jour.
  • Travail narratif: écris 1 page «Lettre de ton futur toi», ce que tu as appris, comment tu aimes maintenant.

Réseaux sociaux et traces digitales: stratégies réalistes

  • 30-45 jours sans consulter le profil de l’ex. Ensuite décider: se désabonner, mettre en sourdine, ou sélection.
  • Archives photos: «mettre au coffre» dans un dossier chiffré. Ne pas supprimer dans l’aigu, cela peut amener des regrets. Décider plus tard.
  • Nourrir l’algorithme: like, enregistre et cherche délibérément des contenus non relationnels pour recalibrer ton fil.

Gérer les objets souvenir

  • Méthode de la boîte: rassemble les objets, étiquette avec une date, range hors de vue. Fixe une revue dans 8-12 semaines.
  • Réaffectation: certains objets peuvent être recontextualisés, ex. une tasse devient partie de ton nouveau rituel du matin.
  • Rituel d’au revoir: une petite cérémonie (écrire une lettre et la brûler) peut soutenir la clôture émotionnelle.

Travailler avec les styles d’attachement

  • Anxieux: risque de comportements de protestation (rafales de messages, tests). Focus sur l’apaisement, routines claires, réseau de soutien.
  • Évitant: risque d’hypercontrôle/dissociation. Focus sur la perception dosée des émotions, cultiver des liens sûrs.
  • Sécure: utilise bien le soutien. Mets tes forces à profit.

Biais cognitifs fréquents autour des «souvenirs ex»

  • Biais de rétrospective rose: les beaux moments écrasent le reste. Antidote: bilan équilibré, 3 beaux aspects et 3 difficiles par écrit.
  • Personnalisation: «Tout est de ma faute.» Antidote: vision multifactorielle, une relation est un système.
  • Catastrophisme: «Je ne retrouverai jamais l’amour.» Antidote: cherche des preuves contraires, stats, vécu des autres, ta résilience.

Mini-exercices quotidiens (5-10 minutes)

  • Respiration 4-6 pendant 2 minutes
  • 10 lignes de journal (émotion, pensée, action)
  • Marche de 10 minutes
  • 1 acte de gentillesse (pour toi ou pour quelqu’un)
  • 1 message à une personne sûre (pas l’ex)

Et si je veux reconquérir mon ex?

Paradoxe: les meilleures chances de clarté et, éventuellement, d’un second essai apparaissent quand tu guéris d’abord. Un système nerveux déréglé crée de mauvaises conversations et confirme les vieux schémas. Utilise 30-45 jours pour te stabiliser. Ensuite, décide selon tes valeurs si et comment tester un contact, posément, clairement, avec des limites. Ta stabilité intérieure est la base de tout rapprochement constructif.

Rêves et flashbacks

  • Rêves: pas de scroll émotionnel le soir. Courte note au réveil («Rêve = le cerveau traite»), 3 respirations, on démarre la journée.
  • Flashbacks: STOP, étiquetage, ancrage, puis rescripting d’images en version courte.

Si l’ex a quelqu’un de nouveau

  • Accepter les «jours pic»: pendant 24-72 heures, tout peut remonter, c’est normal.
  • Diète d’informations: plus de détails, plus de douleur, pose des limites.
  • Protection de l’estime: note 3 choses qui te définissent indépendamment des relations.
  • Pas de sport de comparaison: detox réseaux, contenus qui soutiennent l’algorithme dans le bon sens.

Mesurer la guérison: indices de progrès

  • Pics plus courts, récupération plus rapide
  • Moins d’impulsions de contact
  • Plus de clarté dans valeurs et limites
  • Plus de présence au travail/loisirs
  • Scroll non maîtrisé plus rare

Les rechutes sont des données, pas des catastrophes

Les rechutes arrivent. Analyse: quel déclencheur? Quelle compétence manquait? Comment ajuster mon si-alors? Célèbre les micro-progrès, la constance bat la perfection.

Tu n’as pas à «lâcher prise du jour au lendemain». La guérison est un apprentissage cérébral. Chaque petit pas conscient renforce ton futur.

Fêtes, anniversaires et dates clés: plan A, B et C

Ces jours concentrent symboles, rituels et attentes sociales, ce sont des terreaux parfaits pour les vagues de souvenirs. Anticipe.

  • Plan A (proactif):
    • Envoie 2 semaines avant un court message à tes proches: «Le jour X est délicat pour moi. Je prévois A (marche + repas à emporter). As-tu 30 minutes pour un call après 17 h?»
    • Remplace volontairement les anciens rituels: nouvelle recette, autre café, autre lieu.
    • Lance un «micro-projet de sens» ce jour-là: 60 minutes de bénévolat, rangement, session créative.
  • Plan B (si l’humeur baisse):
    • 20 minutes de marche rapide, 2 «soupirs physiologiques» (deux petites inspirations, longue expiration), douche chaude.
    • 10 minutes d’écriture: «De quoi aurais-je besoin d’une personne bienveillante?» et «Qu’est-ce que je peux m’offrir de cela maintenant?»
  • Plan C (jour de tempête):
    • Diète d’infos (pas de réseaux, pas d’alcool).
    • Activer le filet de sécurité: appeler une personne sûre, «J’ai juste besoin de compagnie au téléphone, on peut se taire 10 minutes ou parler de banalités?»
    • Coucher plus tôt, démarrage doux le lendemain.

Dissoudre un foyer commun: check-list pratique

C’est exigeant, matériellement et émotionnellement. La structure aide à doser les déclencheurs.

  • Préparer
    • Faire la liste des objets, libellés neutres («Poêle grande», «Lampe bureau»).
    • Définir des créneaux (90 minutes max par session, de préférence en journée).
    • Prévoir un accompagnant ou un soutien téléphonique.
  • Exécuter
    • Commencer par les zones neutres (cuisine, salle de bains), finir par chambre/boîtes souvenirs.
    • Musique/podcast non relationnel en fond.
    • Méthode boîte: «Garder», «Décider plus tard», «Donner/Vendre».
  • Après
    • 20 minutes de mouvement, 10 minutes de respiration, repas chaud.
    • Ne pas trier les photos le même jour, fixer un rendez-vous dans 8 semaines.

Stabiliser le quotidien de travail: focus malgré les souvenirs

Le travail peut être un ancrage ou un déclencheur. Mets en place des processus qui protègent ta bande passante cognitive.

  • Blocs de focus
    • 25-50 minutes de focus, 5-10 minutes de pause (choisis ton rythme).
    • Avant chaque bloc, 3 respirations, 1 phrase focus («Maintenant, juste cette étape»).
  • Fenêtres réactives
    • Vérifie mails/chats dans 2-3 plages claires, pas en continu.
    • Utilise filtres/règles: mails liés à l’ex vers «À revoir plus tard».
  • Plan de sortie au bureau
    • Si une vague arrive: cabine des toilettes ou cage d’escalier, règle des 90 secondes, puis une micro-tâche à réussite rapide (brouillon d’email, nettoyage de données).

Approfondir les outils corporels

  • Relaxation musculaire progressive (RMP) courte
    • Version 5 minutes: épaules 5 secondes en tension puis relâche. Poings, relâche. Visage, relâche. Jambes, relâche. Puis respiration 4-6.
  • Soupir physiologique
    • Deux inspirations rapides par le nez, une longue expiration par la bouche. 1-3 répétitions baissent l’activation aiguë.
  • Alternance froid-chaud
    • 30-60 secondes d’eau froide sur mains/avant-bras ou visage. Puis chaud. Attention aux contre-indications cardiovasculaires.
  • Suivi somatique
    • 2 minutes d’attention douce au corps: «Où est l’émotion?» Observer seulement, curieux et bienveillant.

Stabiliser le sommeil: protocole soir et matin

  • Soir (60 minutes avant)
    • Baisser les lumières, limiter les écrans, tisane, journal: 3 choses positives du jour, 1 souci noté et «À revoir demain 10 h».
    • 8-10 minutes de respiration/RMP. Pas de scroll sur l’ex.
  • Nuit
    • Si réveil: respiration 4-6, ancrage 5-4-3-2-1, livre audio neutre. Ne force pas la pensée, «Je peux me reposer même si je ne dors pas.»
  • Matin
    • Lumière du jour dans l’heure, 5-10 minutes de mouvement, mini rituel de planification: 3 priorités, 1 action de self-care.

Substances, alimentation, hormones: repères réalistes

  • Alcool
    • Augmente la réactivité, dégrade le sommeil et l’inhibition. Si possible, 30 jours à faible consommation ou abstinence.
  • Caféine
    • Réduire après 14 h, surtout en période de stress.
  • THC/Nicotine
    • Peut émousser à court terme, souvent suivi d’un rebond d’anxiété/rumination. Observe honnêtement, réduis si besoin.
  • Alimentation
    • Protéines + glucides complexes à chaque repas. Évite longues périodes à jeun et pics de sucre.
  • Cycle/hormones
    • Sensibilité émotionnelle accrue autour du SPM/règles. Prévois plus de protection/soin dans ces fenêtres.

Si tu as été quitté·e vs si tu es parti·e

  • Quitté·e
    • Risque élevé de rumination et d’auto-dévalorisation. Focus: auto-compassion, structure sociale, silence radio/low contact plus strict.
  • Tu es parti·e
    • Culpabilité et ambivalence fréquentes. Focus: clarté de valeurs, communication honnête, respecter les limites, pas de «miettes» d’espoir.

Sécurité et cas limites: violence, stalking, conflits élevés

  • Sécurité d’abord
    • En cas de violence/stalking, plans de sécurité clairs: ne pas partager adresses/numéros, vérifier le partage de position, envisager des conseils juridiques, documenter les incidents.
  • Canaux de contact
    • Utiliser seulement des canaux traçables et écrits, envisager des applis dédiées à la coparentalité.
  • Soutien
    • Appeler des lignes d’aide locales/services d’urgence. Envisager une psychothérapie à focus trauma.

Si tu crains pour ta sécurité, appelle immédiatement la police ou les services d’urgence. Documente les incidents et parle à des personnes de confiance.

LGBTQIA+ et dimensions culturelles

  • Taille de la communauté
    • Dans les petites communautés, la distance est plus difficile. Prévoir des «safe spaces» et des événements limités dans le temps où vous ne vous croisez pas.
  • Outing/vie privée
    • Respecte le volontariat, évite l’outing indirect via les réseaux sociaux.
  • Attentes culturelles/familiales
    • Les attentes externes peuvent mettre la pression. Utilise le travail de valeurs pour clarifier tes priorités.

Revenir au dating: check de préparation et garde-fous

  • Check de préparation (réflexif, pas un test)
    • Puis-je tenir 7 jours sans contact impulsif avec l’ex?
    • Ai-je 3 valeurs claires que je communique?
    • Puis-je donner/recevoir un non sans drame?
  • À faire
    • Avancer lentement, clarifier les attentes, prioriser sécurité et respect.
  • À éviter
    • Sortir pour anesthésier la douleur, comparer en secret à l’ex, dépasser ses propres limites.
  • Premiers rendez-vous
    • Durée courte, lieu neutre, 24 heures de pause avant d’envoyer un retour, pas de SMS nocturne sous l’effet de l’émotion.

Thérapie, coaching, groupes: quand demander de l’aide

  • Indicateurs
    • Insomnie persistante, fort retentissement sur le quotidien, symptômes dépressifs, usage de substances, réactivation traumatique.
  • Formats
    • Thérapie individuelle (TCC, ACT, EFT, Schémas), groupes (groupe rupture), coaching (objectifs/quotidien), médiation (clarifications factuelles).
  • Préparer
    • Liste de buts/questions: «Que veux-je savoir faire autrement dans 8 semaines?» «Quelles situations me débordent?»

Approfondir le journaling: 7 prompts pour 7 jours

  • Jour 1: Qu’est-ce qui fait un peu de bien aujourd’hui, même si c’est petit?
  • Jour 2: Quelles limites m’ont manqué, lesquelles je mets maintenant?
  • Jour 3: Quelles trois qualités j’apprécie chez moi indépendamment des relations?
  • Jour 4: Qu’est-ce que je veux vivre en couple, et plus jamais?
  • Jour 5: Lettre à mon moi passé: «Merci d’avoir…»
  • Jour 6: Lettre à mon moi futur: «Je travaille vers…»
  • Jour 7: Bilan de la semaine: qu’est-ce qui m’a aidé, qu’est-ce que j’ajuste?

Outils digitaux: focus plutôt que spirale

  • Modes appareil
    • Profils Concentration/Ne pas déranger avec liste blanche (3 contacts), limites d’applis pour les réseaux.
  • Réinitialiser le contenu
    • 10 minutes de curation: suivre 20 thèmes non relationnels (art, nature, sciences). L’algorithme apprend.
  • Hygiène des données
    • Sauvegarde séparée des fils sensibles pour éviter les suppressions impulsives, puis archiver/mettre en sourdine.

Plus de scripts pour moments délicats

  • Anniversaires/dates
    • «Merci pour le temps partagé. Pour ma guérison, je garde mes distances et je te souhaite le meilleur.»
  • Rendre des objets
    • «Je mets les objets X/Y dans une boîte. Proposition de passation: mercredi 18 h dans le hall de l’immeuble. Ça te va?»
  • Rencontre imprévue
    • «Salut. Je suis pressé·e. Réglons ça par email. Bonne journée.»
  • Ami·e·s qui insistent
    • «Je comprends ta curiosité, mais les détails ne m’aident pas pour l’instant. On peut parler de [sujet]?»

Mini auto-test: questions de réflexion (pas un diagnostic)

  • Combien de fois penses-tu à l’ex par jour (par blocs de plus d’1 minute)?
  • En combien de temps te calmes-tu après une vague de déclencheurs (minutes/heures)?
  • À quelle fréquence brises-tu tes propres règles de contact? Quels ont été les déclencheurs?
  • Quelles 3 interventions t’ont le plus aidé ces 7 derniers jours?

Utilise les réponses pour ajuster ton plan de la semaine suivante.

Idées fausses fréquentes autour du «closure»

  • Mythe: «J’ai besoin d’une dernière discussion pour tourner la page.»
    • Réalité: la clôture se construit plus souvent par le sens interne et des soins constants que par une ultime discussion, souvent réactivante.
  • Mythe: «Si j’étais assez fort·e, je ne ressentirais plus rien.»
    • Réalité: la force, c’est ressentir de façon régulée et agir avec discernement, pas ne rien ressentir.

Premiers secours émotionnels: liste de 10

  • Eau froide sur les poignets/sur le visage
  • 10 squats lents
  • Respiration 4-6 (2 minutes)
  • Ancrage 5-4-3-2-1
  • Marche de 20 minutes
  • «Soupir physiologique» 3 fois
  • Écrire 10 lignes «Ce qui aide maintenant»
  • Contacter une personne sûre
  • Mini-repas pauvre en sucre et riche en protéines
  • Ranger vite: remettre 5 objets à leur place

Travail identitaire sur la durée: de «Nous» à «Je» puis «Nous (nouveau)»

  • Inventaire du quotidien
    • Quelles activités faisais-tu seulement en «Nous»? Choisis-en 1 à essayer seul·e ou à recréer autrement.
  • Carte sociale
    • Dessine des cercles: centre (très proches), milieu (amical), extérieur (occasionnel). Qui va où? Planifie un contact par cercle.
  • Projets de sens
    • Projet sur 8 semaines: cours, objectif sportif, création, bénévolat, mesurable, réaliste, porteur de sens.

Quand tristesse et colère coexistent

  • Technique double focus
    • 1 minute pour nommer la tristesse («C’est triste que…»), 1 minute pour nommer la colère («Ça m’agace que…»). Puis 1 minute d’action alignée sur une valeur («Aujourd’hui, je fais…»).
  • Expression sans escalade
    • Frapper un coussin, crier dans une serviette, sac de frappe, sport intense, puis 5 minutes de respiration pour redescendre.

Déclencheurs de rechute après plusieurs semaines de stabilité

  • Ennui et solitude
    • Planifie des micro-rencontres: café de 20 minutes, cuisiner ensemble, coworking.
  • Alcool/fêtes
    • Décision en amont: «Pas de sujet ex aujourd’hui.» Système binôme, option retour tôt.
  • Dates/lieux anniversaires
    • Y aller préparé·e, avec plan de sortie, créer une contre-expérience positive (avec un proche, nouveau rituel).

FAQ avancée

Aidante: activation modérée, capacité à se réapaiser en quelques minutes, sentiment d’efficacité. Débordement: inondation émotionnelle, dysrégulation pendant des heures, contact impulsif. Échelle tes déclencheurs, utilise les compétences, augmente doucement.

Rarement. Souvent, «l’amitié» sert de proximité de substitution et maintient l’attachement actif. Une pause de 30-90 jours augmente les chances d’une vraie amitié plus tard.

Travail dosé et ciblé oui (reconsolidation, rescripting), pas d’inondation. Cadre clair de temps/lieu, terminer par un apaisement corporel.

Communique tes limites, évite les conflits de loyauté, cherche de nouveaux espaces sociaux. Tu peux mettre certains contacts en pause.

Non. Les rêves sont souvent des restes de traitement. Utilise des notes courtes le matin et concentre ta journée. Le sens vient de tes actes diurnes, pas d’images nocturnes.

Le sport diminue le stress et améliore le sommeil, mais ne remplace pas le travail de sens. Meilleur effet: combinaison mouvement + outils cognitifs + soutien social.

Reconnaître, réparer si pertinent (clair, limité, sans retraumatiser), puis agir selon tes valeurs dans les relations futures. L’auto-flagellation n’aide personne.

Organisation type coparentalité: horaires clairs, passations factuelles, bien-être de l’animal au centre. Pas de «parler de l’ex» lors des passations, échanges écrits.

Charger le téléphone hors de la chambre, carte d’urgence au chevet, application de brouillon sans bouton d’envoi, règle des 24 heures avant d’envoyer.

Dès que ces pensées ne déclenchent plus d’impulsions de contact/rumination. Ce sont alors des souvenirs intégrés, pas des déclencheurs.

Arbre de décision contact: écrire ou pas?

Quand l’impulsion d’écrire arrive, passe ces questions. Ce n’est que si tu as 6/7 «oui» que tu envoies une réponse, factuelle.

  1. Suis-je régulé·e physiquement? (souffle calme, rythme cardiaque normal) – Oui/Non
  2. Le motif est-il factuel et nécessaire? (facture, enfant, loyer) – Oui/Non
  3. Enverrais-je le même message à une personne neutre? – Oui/Non
  4. Ai-je attendu 24 heures depuis l’impulsion? – Oui/Non
  5. Le message n’a ni reproches, ni retours en arrière, ni bribes d’espoir? – Oui/Non
  6. Ai-je une phrase de sortie prête? («Merci, c’est tout pour moi.») – Oui/Non
  7. Ai-je un plan d’après? (respiration, marche, appeler une personne de confiance) – Oui/Non

Si «Non»: pose le téléphone, mets un timer 10 minutes, fais respiration/mouvement, écris le message en brouillon dans une application de notes, sans l’envoyer.

Ajuster selon le style d’attachement: plans si-alors

  • Anxieux-ambivalent
    • Si je sens la peur de perdre, alors 3 minutes main sur le cœur + «Je suis en sécurité, même sans réponse.»
    • Si j’ai des impulsions de «test» (statut, story), alors 10 respirations et écrire à une personne de confiance au lieu de poster.
  • Évitant
    • Si je me sens engourdi·e/coupé·e, alors 2 minutes de suivi somatique + court message à une personne sûre («Je me mets en retrait, tout va bien, juste un coucou»).
    • Si je juge durement («Je n’ai besoin de personne»), alors noter 3 faits où le soutien social m’a aidé.
  • Désorganisé (anxieux-évitant)
    • Si j’oscille entre envie de proximité et fuite, alors STOP + étiquetage: «Les deux sont là.» Puis une micro-action alignée valeur (ex. 10 minutes de marche au lieu d’un chat).
    • Si des flashbacks surgissent, alors ancrage 5-4-3-2-1, puis rescripting d’images court.

Boîte à outils d’urgence: go-bag pour les jours difficiles

Prépare un petit sac ou une note digitale, pour ne pas réfléchir sous stress.

  • Physique: gourde, chewing-gum, mouchoirs, écharpe chaude, huile essentielle agrumes, écouteurs.
  • Digital: playlist SOS (neutre/tonifiante), 2-3 respirations guidées, contacts d’urgence, «phrase parachute».
  • Liste: 5 actions faisables en 10 minutes (vaisselle, sortir la poubelle, mini-workout, arroser les plantes, courte session d’apprentissage).

Musique, médias, photos: re-cadrer plutôt qu’interdire

  • Playlists
    • Crée «Neutre», «Focus», «Énergie». Mets la musique liée à l’ex en «Plus tard», revue dans 6-8 semaines.
  • Séries/films
    • Évite au début les déclencheurs romantiques, privilégie humour, nature, documentaire. Plus tard, introduis une exposition dosée.
  • Photos
    • «Parquer» plutôt que supprimer: archiver avec mot de passe, désactiver la fonction souvenirs. Plus tard, curer dans un moment calme.

Amitié après la rupture: garde-fous

  • Délai: au moins 60-90 jours de distance avant de tester «l’amitié».
  • Critères pour essayer
    • Les deux régulés, pas d’espoir caché, limites claires.
    • Test par check-in: «Comment je me sens 24 h après la rencontre?» Si rumination/cravings remontent, retour à la distance.

Micro-méditation (3 minutes) scriptée

  • Minute 1: inspire 4 secondes, expire 6 secondes. Nomme: «Inspire, expire».
  • Minute 2: attention vers le cœur ou le ventre. Main posée. Dis doucement: «Je tiens bon.»
  • Minute 3: focus valeurs. «Quel petit pas bienveillant me sert aujourd’hui?» Visualise-toi en train de le faire.

Journal de décision: 4 cases pour les moments délicats

Dessine 4 quadrants et remplis-les quand l’impulsion est forte.

  • Option A (contacter): bénéfice court terme, coût long terme
  • Option B (pas de contact): coût court terme, bénéfice long terme
  • Alignement valeurs (quelle option respecte mieux mes valeurs aujourd’hui?)
  • Prochaine mini-étape (concrète, faisable en 2 minutes)

Co-régulation avec les amis: comment demander de l’aide

  • Sois concret·e: «Peux-tu marcher 15 minutes avec moi à 19 h? Pas de sujet ex, juste de la compagnie.»
  • Cadre: «J’ai besoin de 10 minutes pour pleurer, puis 1 conseil pratique.»
  • Remercie activement: «Ça m’a aidé, je te donne des nouvelles demain.»

Mini-habitudes qui réduisent la densité de déclencheurs

  • Ancre poignée de porte: à chaque ouverture, 1 respiration consciente.
  • Ancre eau: à chaque verre d’eau, 1 «phrase parachute» en tête.
  • Ancre agenda: chaque dimanche, 10 minutes de planification avec fenêtres de protection.

Limites dans les espaces sociaux: textes prêts à l’emploi

  • Groupe de discussion
    • «Ça m’aide si on met en pause les sujets ex ici. Merci de votre soutien.»
  • Soirée/bar
    • «Pas d’alcool pour moi aujourd’hui, c’est un choix. Je suis heureux·se d’être avec vous.»
  • Travail
    • «Je ne parle pas de privé en ce moment. Merci de votre compréhension.»

Petits neuro-faits du quotidien

  • Fenêtre d’apprentissage après le stress: après une vague, ton cerveau est réceptif aux nouvelles significations, profite de 2-5 minutes pour re-cadrer.
  • Corps avant tête: un corps régulé permet des pensées plus claires. D’abord respirer, puis penser, puis agir.
  • Timing: tôt le matin, la rumination est souvent plus forte. Planifie là une routine fixe (lumière, mouvement, courte écriture).

Normaliser l’ambivalence: exercice des deux vérités

  • «C’est vrai que il/elle me manque.»
  • «C’est aussi vrai que le contact me nuit pour l’instant.»
  • «Je tiens ces deux vérités et je choisis aujourd’hui ma guérison.»

Retour sans rechute: méthode 3x3

Si tu penses aux bons moments, ajoute volontairement:

  • 3 beaux aspects de la relation
  • 3 aspects difficiles bien réels
  • 3 apprentissages que tu emportes

Cela crée un regard équilibré, pas une idéalisation.

Guide express des applis/outils de coparentalité

  • Asynchrones: outils avec horodatage et fils clairs.
  • Neutres: seulement des faits, pas d’emojis/sous-entendus.
  • Archive: conserver les échanges factuels, supprimer le small talk.

Déclaration d’engagement (30 jours)

  • Je priorise sommeil, alimentation, mouvement.
  • Je respecte le silence radio/low contact et j’utilise mes scripts.
  • Je note chaque jour l’humeur/les déclencheurs (0-10) et 1 action utile.
  • Je demande du soutien et je pratique l’auto-compassion.

Signe-la pour toi-même, ce petit acte d’engagement stabilise souvent de façon surprenante.

Glossaire (court)

  • Reconsolidation: processus par lequel des souvenirs rappelés sont re-stockés dans de nouvelles conditions.
  • Rumination: penser sans orientation solution, entretient l’affect négatif.
  • Urge surfing: observer une envie sans l’exécuter jusqu’à ce qu’elle retombe.
  • BIFF: style de communication, bref, informatif, amical, ferme.

Mot de la fin: l’espoir s’apprend

Les souvenirs de ton ex ne condamnent pas ton futur. Ce sont des signaux d’un cerveau qui prend l’attachement au sérieux, et qui peut réapprendre. Avec savoir, outils et patience, tu verras: les vagues sont plus rares, elles s’apaisent plus vite, et tu retrouves ton pouvoir de choisir. Tu as le droit de pleurer. Tu as le droit d’apprendre. Et tu as le droit de redevenir confiant·e, pas à pas.

Quelles sont tes chances de récupérer ton ex ?

Découvre en 8 à 10 minutes à quel point une réconciliation avec ton ex est réaliste, sur la base de la psychologie du couple et d'enseignements pratiques.

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