Règle du no contact: 15 stratégies pour tenir

Guide scientifique pour tenir le no contact: 15 stratégies, plans d'urgence, scripts et timeline 30 jours. Stabilise tes émotions et retrouve ta clarté.

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Pourquoi lire cet article

Tenir le no contact peut ressembler à un marathon sans ligne d’arrivée: ton cerveau réclame un « petit check », ton cœur te ramène vers d’anciens réflexes, et pourtant tu sais que la distance est la décision la plus sage. Dans ce guide, je te montre comment non seulement démarrer, mais surtout tenir la règle du no contact avec des bases scientifiques solides. Nous relions neurochimie (Fisher; Acevedo), théorie de l’attachement (Bowlby; Ainsworth) et recherche sur les ruptures (Sbarra; Field) à 15 stratégies concrètes, des plans d’urgence, des scénarios réalistes et des modèles de messages. Tu reçois aussi un plan sur 30 jours, un auto‑test et des protocoles pour cas particuliers (co‑parentalité, travail, petite ville). But: stabilité émotionnelle, vraie guérison, et si tu le souhaites, de meilleures chances pour un redémarrage respectueux.

Ce que le no contact signifie vraiment, et pourquoi ça marche

Le no contact (NC) est une interruption temporaire de tous les canaux de communication non nécessaires avec ton ex. « Non nécessaire » veut dire: tout ce qui n’est pas lié à la sécurité, aux questions juridiques ou à la coordination d’obligations communes (enfants, animaux, biens, travail).

  • Objectif 1: Diminution du stress aigu. Une rupture active le système d’attachement et les axes du stress (axe HHS), avec des symptômes comme des troubles du sommeil, des ruminations et des palpitations (Sbarra, 2006; Field, 2011). Moins d’entrées, moins de déclencheurs.
  • Objectif 2: Apaisement neurochimique. L’amour et le lien s’appuient sur les systèmes dopamine, ocytocine et vasopressine (Fisher et al., 2010; Young & Wang, 2004). Le no contact coupe les boucles de récompense.
  • Objectif 3: Clarté cognitive. Après une rupture, la clarté du concept de soi diminue (Slotter et al., 2010). La distance aide à réordonner identité et valeurs.
  • Objectif 4: Limites respectueuses. Même si tu espères un retour: respecter les limites augmente les chances d’une communication plus mature par la suite (Gottman & Silver, 1999; Johnson, 2004).

La neurochimie de l’amour est comparable à une dépendance.

Dr. Helen Fisher , Anthropologue, Kinsey Institute

Si tu as l’impression d’un sevrage, ce n’est pas de la « faiblesse », c’est de la biologie. Des études d’IRMf montrent que le rejet et le chagrin d’amour activent les zones de récompense et de douleur (Fisher et al., 2010; Kross et al., 2011). Le rejet social recrute des régions impliquées dans la douleur physique (Eisenberger & Lieberman, 2004). Chaque message peut soulager brièvement, mais prolonge la douleur sur le long terme, comme gratter une plaie qui se remet à saigner plus tard.

Base scientifique: ce qui se passe dans le cerveau et la psyché

  • Système d’attachement: à la perte d’une figure d’attachement, le système s’alarme (Bowlby, 1969). Protestation, désespoir, détachement, des phases confirmées par des études modernes.
  • Styles d’attachement: les anxieux ressentent plus d’impulsions de prise de contact; les évitants « coiffent » le pain par le mental, mais le corps le vit tout de même (Hazan & Shaver, 1987; Mikulincer & Shaver, 2007).
  • Récompense/sevrage: l’amour romantique active les voies dopaminergiques, qui passent en manque lors de la perte (Fisher et al., 2010). Le no contact réduit les stimuli qui les alimentent et facilite l’adaptation neurochimique.
  • Douleur sociale: le cortex cingulaire antérieur dorsal et l’insula participent au traitement du rejet social (Eisenberger & Lieberman, 2004; Kross et al., 2011). Les techniques de self‑soothing corporelles aident vraiment.
  • Rumination: ruminer prolonge et intensifie le chagrin (Nolen‑Hoeksema, 2000). Distraction structurée, recadrage et pleine conscience raccourcissent les épisodes (Kabat‑Zinn, 1990).
  • Concept de soi: après une rupture, l’image de soi se brouille; de nouvelles routines et un travail de valeurs reconstruisent l’identité (Slotter et al., 2010).
  • Physiologie: sommeil, mouvement, alimentation influencent la régulation du stress et le contrôle émotionnel (Field, 2011; Coan, Schaefer & Davidson, 2006 sur la co‑régulation). Les techniques DBT (p. ex. TIPP) amortissent les pics aigus (Linehan, 2014).

Important: le no contact n’est pas un jeu de pouvoir. C’est une intervention médico‑psychologique pour stabiliser, guérir et se préparer à de meilleures conversations, avec toi‑même et, peut‑être plus tard, avec ton ex.

Démarrage rapide: prêt en 60 minutes

  • 10 minutes: définis ton cadre NC (objectif de durée minimum 30 jours, canaux, exceptions).
  • 10 minutes: écris ton contrat NC (plans « si‑alors », binôme, plan d’urgence).
  • 10 minutes: hygiène digitale (mute/block, archives, bloqueur d’apps, frictions de mot de passe).
  • 10 minutes: design de l’environnement (souvenirs en boîte, itinéraires modifiés, coin nuit apaisé).
  • 10 minutes: active ton binôme (code‑mot, disponibilités claires).
  • 10 minutes: première auto‑apaisement (respiration 4‑6‑8, 20 squats, verre d’eau, courte marche).

Pourquoi les no contacts échouent le plus souvent

  • Renforcement intermittent: parfois une réponse affectueuse a suivi un message, ce qui rend le comportement très addictif.
  • Distorsions cognitives: « Si je ne réponds pas, je le/la perds » (catastrophisme), « Il/elle pense sûrement que je le/la déteste » (lecture de pensée).
  • Réseaux sociaux: « Je regarde juste vite fait » devient facilement des heures de surveillance, ce qui freine la guérison (Clayton, Nagurney & Smith, 2013).
  • Obligations communes: enfants, travail, colocation, sans protocole on glisse dans les vieux schémas.
  • Pics émotionnels: soirées, alcool, dates anniversaires, sans plan d’urgence le risque d’écrire explose.

Voici 15 stratégies qui ciblent ces obstacles, avec base scientifique, étapes pratiques, modèles, pièges à éviter et exemples réalistes.

15 stratégies pour tenir le no contact

Stratégie 1: Ton contrat NC, des règles claires et de vraies exceptions

  • Science: les intentions d’implémentation (« si X, alors Y ») augmentent la constance, surtout sous stress (Gollwitzer, 1999).
  • Pratique: définis précisément les canaux fermés (WhatsApp, SMS, Insta, e‑mail) et les exceptions (enfants, urgences, biens). Formule 3 à 5 phrases si‑alors.
  • Formule: « Si j’ai envie d’écrire après 21 h, alors j’écris à mon binôme et je marche 10 minutes. »
  • Outils: blocage/mute, filtres, mode ne pas déranger, filtres e‑mail, app de co‑parentalité.
  • Éviter: pas de mots mous (« peut‑être », « juste un peu »). Du binaire, pas de zone grise.
  • Mini‑check: tu peux expliquer ton contrat en 2 phrases? Sinon, simplifie.

Exemple (Sophie, 34 ans, deux enfants): elle et son ex coordonnent les enfants. Elle écrit: « Passage vendredi 18 h à l’école. Urgences par SMS. Pas d’autres sujets. » Le reste passe par une app neutre. Résultat: moins d’escalades, plus de calme.

Exemples de textes:

  • « Je voulais juste prendre de tes nouvelles. »
  • « Récupération comme convenu. Dis‑moi si l’horaire change. Merci. »

Stratégie 2: Hygiène digitale, réduire les stimuli sans concession

  • Science: l’exposition aux signaux sans contrôle de réaction mène aux rechutes. Le contrôle des stimuli est central en addictologie.
  • Pratique: sauvegarder les discussions en PDF, puis archiver ou supprimer. Déplacer les photos dans un dossier « plus tard ». Tout mettre en sourdine, unfollow ou « restreindre ». Bloqueurs d’apps avec plages horaires.
  • Réseaux sociaux: pas de stories, pas de « juste un coup d’œil ». Ajoute de la friction (gestionnaire de mots de passe avec délai 24 h, second appareil au placard).
  • Éviter: ne te repose pas sur les autres. Paramètre tout toi‑même, techniquement.
  • Mini‑check: est‑il plus compliqué de joindre ton ex que ton binôme? Si non, ajoute de la friction.

Exemple (Julien, 29 ans): il regardait chaque jour le statut de son ex. Après bloqueur d’app et « mute » strict, ses impulsions de contrôle ont nettement chuté en deux semaines.

Stratégie 3: Design de l’environnement, enlève les déclencheurs du quotidien

  • Science: le contrôle des stimuli réduit les chaînes d’habitudes. Réactiver la trace mnésique + comportements de sécurité entretient la douleur.
  • Pratique: souvenirs en boîte, itinéraires modifiés, chambre réaménagée (nouvelle housse de couette, parfum, lumière). Zone rouge: pas de pensées d’ex au lit, si elles apparaissent, se lever, 5 minutes de respiration.
  • Variantes: déclencheurs au travail (nouvelle place, autres pauses), musique (nouvelle playlist), lieux (trajets alternatifs).
  • Mini‑check: quels 3 lieux/objets/moments te déclenchent le plus? Désamorce ceux‑là d’abord.

Exemple (Leïla, 41 ans): elle a changé son parcours de course, celui qu’ils faisaient ensemble. Sa tension intérieure a nettement baissé.

Stratégie 4: Plan d’urgence face à l’envie, Urge Surfing et règle des 10 minutes

  • Science: les vagues de craving diminuent après 10 à 20 minutes. Les approches mindfulness (Urge Surfing) réduisent les actes impulsifs (Marlatt & Donovan, 2005). DBT‑TIPP refroidit les pics (Linehan, 2014).
  • Pratique: note sur le frigo: 1) 10 respirations profondes (4‑6‑8), 2) minuteur 10 min, 3) 20 squats ou 20 minutes de marche, 4) message à mon binôme « 8/10 », 5) note: « Qu’est‑ce qui a déclenché ? », 6) eau froide sur poignets ou visage.
  • Éviter: « Je respirerai plus tard ». Exécute le plan tout de suite, sans négocier.
  • Mini‑check: note ton envie de 0 à 10 avant et après.

Exemple (Marc, 38 ans): à 23 h 30 il voulait écrire. Il a fait la règle des 10 minutes + eau froide. Envie ensuite à 3/10.

Stratégie 5: Journal des émotions, guider plutôt que subir

  • Science: nommer les émotions réduit l’activation de l’amygdale. Écrire aide la régulation (Pennebaker & Chung, 2011).
  • Pratique: 5 minutes par jour: déclencheur, émotion (0 à 10), corps (où je le sens), pensée, réponse (quelle stratégie), résultat. Revue hebdo avec ton binôme.
  • Mini‑check: quels 2 à 3 déclencheurs sont les plus fréquents? Prévois des si‑alors spécifiques.

Exemple (Camille, 27 ans): elle a remarqué que faim et solitude le soir augmentaient le risque d’écrire. Elle planifie maintenant dîner à 18 h 30 avec appel à une amie.

Stratégie 6: Co‑régulation sociale, responsabilité saine

  • Science: le soutien social baisse la physiologie du stress; tenir la main réduit la réponse neuronale à la menace (Coan et al., 2006). L’auto‑compassion agit comme co‑régulation intérieure (Neff, 2003/2011).
  • Pratique: choisis un binôme et pose les règles: « Si j’ai envie d’écrire, j’envoie le code “vague”. Tu réponds avec un check respiration ou marche. » Brief aux ami·e·s: pas d’infos sur l’ex sans demande.
  • Limites: ton binôme n’est pas une hotline 24/7. Disponibilités claires, éventuellement deux binômes.

Exemple (Thomas, 32 ans): son frère est son binôme. Après 3 semaines: « Les nuits sont plus légères, je sais que je peux ping quelqu’un. »

Stratégie 7: Changer les routines, remplacer les anciens rituels

  • Science: l’habitude est contextuelle. Les intentions d’implémentation aident (Gollwitzer, 1999). Le flow réduit la rumination.
  • Pratique: micro‑habitudes sur 30 jours: 10 minutes de marche matinale, scan corporel 3 minutes le soir, 1 heure sans écran. Identifie les heures à risque et remplis‑les.
  • Exemples: au lieu de scroller le soir: vidéo de yoga + thé; au lieu du check du matin: 10 respirations + 5 pompes.

Exemple (Alix, 30 ans): après 14 jours de yoga du soir, beaucoup moins d’attaques de rumination.

Stratégie 8: Le corps d’abord, sommeil, mouvement, alimentation, respiration

  • Science: le chagrin d’amour aigu augmente le stress; activité et hygiène du sommeil régulent (Field, 2011). L’expiration lente active le vague. La pleine conscience diminue la réactivité (Kabat‑Zinn, 1990).
  • Pratique: fenêtre de sommeil fixe, limiter la caféine, 20 à 30 minutes de sport modéré par jour, encas protéinés. Respiration: inspirer 4 s, expirer 6 à 8 s, pause 2 s, 10 cycles. Lumière le matin, obscurité le soir.
  • Éviter: l’alcool comme « aide au sommeil ». Il dégrade le sommeil et le contrôle des impulsions.

Exemple (Nora, 36 ans): avec 20 minutes de jogging avant dîner, son agitation du soir a diminué de moitié.

Stratégie 9: Auto‑compassion plutôt qu’auto‑critique, guérir ne veut pas dire se raidir

  • Science: l’auto‑compassion réduit rumination et symptômes dépressifs (Neff, 2003/2011). Le processus R.A.I.N. aide.
  • Pratique: écris‑toi une lettre compatissante (« Il est compréhensible que… »). Phrase standard: « J’ai le droit d’être triste, et aujourd’hui je reste avec moi. » Mains sur le cœur, 60 secondes de respiration calme.
  • Éviter: l’auto‑compassion n’est pas « se laisser aller », c’est stabiliser.

Exemple (Jean, 45 ans): après un écart (court appel), il a appliqué RAIN, s’est excusé auprès de lui‑même et a repris le plan.

Stratégie 10: Identité et projets, qui es‑tu sans la relation

  • Science: réparer le concept de soi demande travail de valeurs et expériences de flow, ce qui freine la rumination (Slotter et al., 2010).
  • Pratique: projet 30 jours (p. ex. Espagnol A1), objectif hebdo, progrès visibles. Check valeurs: « Qu’est‑ce qui compte en amitié, travail, santé ? » 1 à 2 actions par valeur.
  • Astuce: tableau Kanban (À faire, En cours, Fait) pour rendre le progrès visible.

Exemple (Maïa, 28 ans): son défi « 5 km en 5 semaines » a créé élan et auto‑efficacité.

Stratégie 11: Protocoles de communication pour cas particuliers, enfants, travail, biens

  • Science: la structure limite l’escalade des conflits (Gottman). Un langage clair et neutre réduit les déclencheurs.
  • Pratique: un canal fixé. Des phrases courtes et factuelles. Pas de retour sur le passé, pas de reproches. Fenêtres de réponse, regroupement des sujets.
  • Modèles:
    • Co‑parentalité: « Passage ven 18 h. Rendez‑vous médecin lun 15 h 30; j’y vais. Confirmation d’ici demain 12 h, merci. »
    • Animal: « Vétérinaire mer 17 h. Je m’en charge. Frais 50/50, j’enverrai la facture. »
    • Travail: « Deadline 5/11, coordination par e‑mail, pas de messageries. Prochain check mer 10 h. »

Exemple (Raphaël, 39 ans): avec une app de coordination, le nombre de messages impulsifs est tombé à zéro.

Stratégie 12: Débusquer les distorsions cognitives, une pensée n’est pas un fait

  • Science: après rupture, catastrophisme et personnalisation augmentent. La restructuration cognitive aide (tradition Beck; Sbarra, 2006).
  • Pratique: fiche pensée: déclencheur – pensée – émotion – preuves pour/contre – nouvelle pensée utile. Cartes mémo: « Le contact soulage à court terme et prolonge à long terme. »
  • Recadrages:
    • « Si je n’écris pas, il/elle m’oubliera. » → « Qui veut m’oublier ne sera pas retenu par un message. »
    • « Une seule discussion va tout régler. » → « La clarté vient de la stabilité, pas de la pression. »

Exemple (Élise, 33 ans): elle a remplacé son catastrophisme par des alternatives aidantes, moins de messages impulsifs.

Stratégie 13: Décharger en sécurité, écrire sans envoyer

  • Science: l’écriture expressive favorise le traitement; l’envoi n’est pas nécessaire (Pennebaker & Chung, 2011).
  • Pratique: écris « Tout ce que je te dirais » pendant 20 minutes, puis place‑le dans le dossier « Ne pas envoyer ». Variante: mémo vocal pour toi. Rituel optionnel: déchirer/brûler en sécurité.
  • Note: si écrire t’active, fais ensuite un exercice apaisant (respiration, marche).

Exemple (Yasmine, 26 ans): après une lettre de 5 pages, elle s’est sentie 60 % plus calme, sans rien envoyer.

Stratégie 14: Mesurer les progrès, séries, journal des triggers, récompenses

  • Science: rendre visibles les avancées et offrir de petites récompenses augmente l’adhérence. L’auto‑monitoring diminue les rechutes.
  • Pratique: calendrier de série NC, coche quotidienne, récompense hebdo (massage, fleurs, ciné) non liée à l’ex. Note le top 3 des déclencheurs par semaine et désamorce‑les.
  • Indicateurs: heures de sommeil, pics d’envie/jour, minutes réseaux sociaux, activité physique.

Exemple (Paul, 31 ans): 21 jours de série, puis écart. Il l’a noté neutrement (« écart ») et a relancé le jour 1 sans s’auto‑dévaluer.

Stratégie 15: Gestion des rechutes, plan B, C et redémarrage

  • Science: les rechutes font partie du changement (Prochaska & DiClemente, 1983). L’important, c’est corriger vite et sans auto‑dévalorisation.
  • Pratique: après un écart: 1) analyse à froid: heure, déclencheur, émotion, conséquence. 2) informer ton binôme. 3) durcir une mesure (nouveau blocage). 4) activer l’auto‑compassion. 5) rituel reset: douche, vêtements propres, courte marche. 6) noter l’apprentissage.

Exemple (Anaïs, 35 ans): après un appel émotionnel, elle a imposé 72 h de « NC intensif » (zéro réseaux sociaux, check quotidien avec binôme). Le calme est revenu.

Approfondir: stratégies par style d’attachement

  • Anxieux‑ambivalent:
    • Risque: panique de perte, besoin de clarifier.
    • Focus: co‑régulation, plans si‑alors clairs, binôme, apaisement corporel. Auto‑checks courts et fréquents (micro‑journal).
    • Phrase: « Je traverse les vagues sans agir. »
  • Évitant:
    • Risque: refouler, mode « ça m’est égal », puis débordement soudain.
    • Focus: travail émotionnel dosé (écrire 10 min), mouvement, tenir les limites sans froideur. Pleine conscience pour ressentir le corps.
    • Phrase: « Les émotions sont une information, pas un ordre. »
  • Désorganisé:
    • Risque: alternance agrippement/retrait, déclencheurs forts.
    • Focus: accompagnement pro, petits rituels sûrs, règles très claires, peu de zones grises. Sécurité d’abord.

Ce qui t’attend dans le temps, une timeline réaliste

Phase 1

0–72 heures: tempête aiguë

Attendu: troubles du sommeil, impulsions, larmes, rumination. Focus: sécurité, plan d’urgence, hygiène digitale. Outils corporels: respiration, mouvement, chaleur/froid.

Phase 2

Semaine 1–2: premières vagues qui s’apaisent

Attendu: fluctuations, « bons » et « mauvais » jours. Focus: routines, binôme, design environnemental. Réduis les réseaux sociaux au minimum.

Phase 3

Semaine 3–4: fenêtres de clarté

Attendu: plus d’énergie, premiers moments de sens. Focus: projet, valeurs, restructuration cognitive. Attention aux dates à risque (anniversaires, lieux particuliers).

Phase 4

Semaine 5–8: stabilisation

Attendu: déclencheurs plus rares, plus d’auto‑efficacité. Focus: peaufinage, construction identitaire, envisager une aide pro si blocages persistants.

30 jours

Durée minimale typique pour un soulagement et de la clarté tangibles.

1 plan

Un plan d’urgence clair divise par deux le risque de messages impulsifs.

3 déclencheurs

Identifie ton top 3 et désamorce‑les en premier.

La sécurité d’abord: en cas de harcèlement, menaces, violence ou instabilité psychique, d’autres règles s’appliquent. Ne brise pas le NC, mais demande de l’aide professionnelle et une protection juridique. En crise aiguë: numéros d’urgence locaux, services médicaux, personnes de confiance.

Scénarios concrets et comment répondre

  • Ton ex écrit « Comment tu vas ? » après 10 jours de NC.
    • Intuition: répondre par « gentillesse ».
    • Science: toute interaction non nécessaire réactive le système d’attachement (Sbarra, 2006).
    • Options:
      • Pas nécessaire: pas de réponse. Reste sur ton plan.
      • Limite polie: « J’ai besoin de calme et de recul. Je te recontacterai quand je serai prêt·e. »
  • Ton ex demande pour des affaires communes sans urgence.
    • Réponse: « Volontiers dans deux semaines. Faisons une liste d’ici là, puis réglons tout d’un coup. » Le regroupement réduit la fréquence de contact.
  • Anniversaire de l’ex.
    • Donnée: les rituels déclenchent fort. Le NC reste plus efficace pour se stabiliser.
    • Action: pas de contact. Si ça te « tire », écris un message non envoyé dans ton journal.
  • Rencontre au supermarché.
    • Micro‑script: « Salut. Je suis pressé·e. Bonne journée. » Regard bref, amical, on avance. Ensuite 5 minutes de respiration.
  • Co‑parentalité avec zones de flou.
    • Règle: sujets enfants uniquement, pas de discussion de couple. En cas d’écart: « J’arrête là. Pour les sujets enfants, tu me joins par SMS jusqu’à 19 h. »
  • L’ex poste une nouvelle relation.
    • Donnée: l’exposition sociale renforce la douleur (Clayton et al., 2013). Conséquence: mute/block. Active le plan d’urgence.
  • L’ex écrit la nuit « Tu me manques ».
    • Règle: après 21 h, pas de réponse. Tampon 12 à 24 h. Le matin, vérifie à froid s’il y a nécessité (le plus souvent: non).
    • Protection: informe ton binôme, respiration 4‑6‑8, téléphone hors de portée.
  • Soirée avec ami·e·s communs.
    • Prépa: phrases d’entrée/sortie (« Je dis bonjour et je rejoins X »), plan de sortie (taxi, amie), pas de discussions alcoolisées sur la relation.
  • Travail, même canal Slack/Teams.
    • Règle: threads strictement pro, DMs désactivés, communication regroupée via le management, ordres du jour clairs.
  • « Tu peux m’aider, toi seul·e connais ça ».
    • Réponse: « Je ne suis pas la bonne personne en ce moment. Merci de voir avec XYZ. » Garde la limite, pas de mode sauveur.

36 modèles: courts, clairs, respectueux

  • Poser des limites
    • « J’ai besoin d’espace et de calme. Je te recontacterai quand je serai prêt·e. »
    • « Pour l’organisation, contacte‑moi par e‑mail. Merci de ta compréhension. »
  • Co‑parentalité
    • « Sujet enfant: réunion parents jeu 19 h, j’y vais. Info pour toi. »
    • « Santé: fièvre 38,5, paracétamol donné. Je surveille. Mise à jour demain 9 h. »
  • Biens/logistique
    • « Remise des affaires: sam 12 h, hall. Je ne serai pas là. Le carton t’attend. »
    • « Facture par mail. Virement d’ici le 15/11, merci. »
  • Travail
    • « Merci pour le feedback d’ici mar 15 h dans le doc, je finalise ensuite. »
    • « Je reste sur l’e‑mail pour le pro. Pas de messagerie pour le projet XY. »
  • Pas de débat
    • « Je ne traite pas de sujets relationnels. Merci de respecter cela. »
    • « Je ne répondrai plus sur ce sujet. Merci. »
  • Premier contact neutre après NC (si pertinent et si tu es stable)
    • « Salut [Prénom], j’espère que tu vas bien. Je te contacte pour [raison factuelle]. Si ça te va, on peut en parler [une fois, brièvement]. »
    • « Bonjour [Prénom], rapide check: [jour/heure], ok pour clôturer [thème] ? Merci. »

Mini‑outils scientifiquement étayés pour le quotidien

Pause respiration 4‑6‑8

Inspire 4 secondes, expire 6 à 8, pause 2. 10 cycles. Diminue l’activation physiologique.

Carte cognitive

« Le contact soulage à court terme, et prolonge la douleur à long terme. » Lis‑la à voix haute dans les moments à risque.

  • Ancrage 5‑4‑3‑2‑1: 5 choses vues, 4 touchées, 3 entendues, 2 odeurs, 1 goût. Te ramène au corps.
  • Auto‑câlin: 30 à 60 secondes. La stimulation tactile apaise.
  • STOP (inspiré ACT/CBT): Stopper – Respirer – Observer – Planifier.
  • Autocollants si‑alors: miroir, ordi, porte. Garde‑les visibles.
  • Règle des 2 minutes: petites tâches faites tout de suite pour créer de l’élan.

Erreurs fréquentes, et comment les éviter

  • Écrire « juste en ami »: confondre intention et effet. Ton corps réagit quand même comme à un input relationnel.
  • Utiliser l’ex comme thérapeute: le traitement t’appartient, à toi, aux amis, voire aux pros, pas à l’ex.
  • Laisser des boucles ouvertes: « Tu passeras un jour prendre tes affaires. » Regroupe et clôture.
  • Alcool et heures tardives: augmentent fortement le risque de message. Fixe la règle « pas de messages après 21 h ».
  • « Je me contrôle bien »: sans systèmes, on surestime sa volonté. Systèmes > volonté.

Plan 30 jours: exemple jour par jour

  • Jours 1 à 3: contrat NC, hygiène digitale, plan d’urgence, fenêtre de sommeil. 20 min d’activité/jour.
  • Jours 4 à 7: design de l’environnement, routine binôme (1 message matin/soir), début du journal. Zéro réseaux sociaux.
  • Jours 8 à 10: cartes cognitives, choix d’un micro‑projet, pause respiration 2×/jour.
  • Jours 11 à 14: traiter le top 3 des déclencheurs, rituels de remplacement (yoga du soir, thé). Récompense jour 14.
  • Jours 15 à 17: travail sur les valeurs (3 valeurs, 1 action chacune), marche avec un·e ami·e. Pratiquer DBT‑TIPP.
  • Jours 18 à 21: point projet, week‑end détox sociale, bilan: courbe d’envie, sommeil, humeur.
  • Jours 22 à 24: « Dry run » du plan rechute (sans vrai écart), vérifier les modèles de messages.
  • Jours 25 à 27: approfondir l’auto‑compassion (RAIN), 20 minutes d’écriture « Ce que j’ai appris ».
  • Jours 28 à 30: check final: critères de stabilité. Décider: prolonger le NC, clôturer neutrement, ou planifier un premier contact plus tard.

Suis‑je prêt·e à finir le no contact? Auto‑test court

Évalue 0 à 3 (0 = pas vrai, 3 = tout à fait vrai):

  1. Je peux penser à la personne sans basculer en panique/colère/désespoir.
  2. Mon sommeil est globalement stable (5 à 6 nuits/semaine OK).
  3. Je n’ai pas agi sur une forte envie (≥7/10) depuis 14 jours.
  4. En cas de contact, je resterais bref·ve, respectueux·se, orienté·e objectif.
  5. Ma décision d’écrire ne vient pas de la peur/du manque.
  6. J’ai des buts clairs pour un premier contact (ou je choisis consciemment de ne pas écrire).
  7. Je respecte ses limites, même sans réponse. Résultat: 0–9 = plutôt prolonger; 10–15 = éventuellement un check neutre et ponctuel; 16–21 = bonne stabilité si un motif factuel existe. Sécurité d’abord.

Low contact vs no contact

  • No contact (NC): aucun contact hors nécessités (sécurité, droit, co‑parentalité). But: stabilisation.
  • Low contact (LC): contact très limité et ritualisé quand NC est impossible (travail, petite ville, cercle commun). Règles: 1 canal, 1 à 2 créneaux, uniquement factuel, pas de sujets de couple, revue hebdo avec binôme.

Cas particuliers, protocoles pratiques

  • Cercle d’ami·e·s commun: demande qu’on ne te transmette pas d’actus de l’ex. Événements: présence courte, plan de sortie. Si ragots: « Je ne veux pas entendre, merci. »
  • Petite ville/même salle de sport: décaler les horaires, casque, regard bref, pas de small talk. Ensuite exercice d’ancrage.
  • Relation à distance/en ligne: mettre en sourdine les plateformes, « désentraîner » les algos (pas de stalking, pas de clics communs). Nouvelles routines en ligne (plateformes d’apprentissage, cours).
  • Poly/ENM: parle des sujets relationnels avec les méta‑partenaires à part. NC signifie: pas d’input romantique/émotionnel de la personne de la rupture.
  • « Pause » plutôt que rupture: traite‑la comme un NC light, durée claire, point à 30 à 45 jours, pas de sujets de couple d’ici là.

Combien de temps doit durer le no contact?

Pas de durée unique, mais 30 jours sont un minimum pertinent pour un soulagement et de la clarté. Pour une relation longue, forte intrication ou un quotidien très partagé, 45 à 90 jours peuvent être nécessaires avant un check‑in à froid. L’important, ce ne sont pas les chiffres, ce sont ces critères:

  • Ton humeur ne dépend plus massivement des signaux de l’ex.
  • Tu peux y penser sans basculer en panique, colère ou désespoir.
  • En cas de contact, tu resterais respectueux·se, bref·ve et orienté·e objectif.

Si tu veux briser le NC uniquement par peur de « le/la perdre », la souffrance se prolonge la plupart du temps (Sbarra, 2006; Eisenberger & Lieberman, 2004).

Premier contact après NC, seulement si c’est pertinent

  • Clarifier les objectifs: pourquoi j’écris? (raison factuelle, clôture, restitution, pas « clarifier les sentiments »)
  • Cadre: court, concret, cordial, sans débat relationnel. Une demande, puis délai de 48 à 72 h.
  • Respecter le résultat: pas de réponse est une réponse. Accepte‑la.
  • Exemple: « Bonjour [Prénom], je voudrais récupérer les affaires restantes samedi 11 h. Si ça te convient, je laisserai un carton dans le hall. Merci. »

Aide professionnelle, quand c’est utile

  • Si après 6 à 8 semaines de NC, tu ne sens pas d’allègement, que sommeil/appétit sont très perturbés, ou pensées suicidaires.
  • S’il y a eu violence, contrôle, menaces ou harcèlement.
  • Si des obligations complexes rendent les limites difficiles. Une thérapeute sensible au trauma et compétente en attachement peut t’accompagner, co‑construire des protocoles de co‑parentalité et développer des compétences ACT/CBT/DBT (Hayes et al., 1999; Linehan, 2014).

Avancé: NC sans « couper » en co‑parentalité, le protocole zone grise

  • Canal fixe: uniquement e‑mail ou app de co‑parentalité. Pas de WhatsApp/DMs.
  • Structure: créneau hebdo (p. ex. lundi 18 h) pour la planification. Urgences à tout moment, sujets enfants seulement.
  • Ton: poli, factuel, bref. Pas de références à la relation ou au passé.
  • Tampon: 12 à 24 h de délai hors urgences. Ça évite les réactions impulsives.
  • Revue: hebdo avec binôme/coach, vérifier le respect des limites.
  • Plan d’escalade: en cas d’écart, script en 3 étapes: 1) rappel (« Sujets enfants uniquement »), 2) arrêt (« Je m’arrête ici »), 3) changer de canal (e‑mail uniquement; si besoin, documenter).

Psychologie du « message qui change tout », pourquoi il n’existe pas

On surestime la puissance d’un message brillant. Ce qui compte, c’est le contexte: calme, respect, clarté. Même si tu veux revenir, le NC augmente la chance de parler plus tard par choix, pas par manque. Moins de pression, plus de vraie rencontre, et protection contre les anciens pièges (Johnson, 2004; Gottman & Silver, 1999).

Vignettes: 5 schémas fréquents, 5 solutions

  • On/off depuis 2 ans (anxieux x évitant): NC avec binôme + cartes cognitives + lancement de projet. Après 6 semaines: moins d’envie, plus de distance.
  • Start‑up commune (forte pression): LC par e‑mail uniquement, point hebdo, agenda, compte rendu. Supervision externe. Conflits en baisse.
  • Séparés avec jeune enfant: app de co‑parentalité, créneaux fixes, pas d’ad‑hoc. Moins de disputes, meilleur sommeil.
  • Petite ville, accro aux stories Insta: mute/block radical, app de remplacement (apprentissage langues), limiter le temps d’écran. Courbe d’envie en baisse.
  • Violence/manipulation: plan de sécurité, conseil juridique, thérapie trauma, no contact strict. Protection et stabilisation.

Glossaire (court)

  • NC (No Contact): période de no contact pour guérir/stabiliser.
  • LC (Low Contact): contact très limité quand NC n’est pas possible.
  • Urge Surfing: observer la vague d’envie sans agir.
  • Intentions d’implémentation: plans si‑alors qui automatisent l’action.
  • RAIN: protocole d’auto‑compassion fondé sur la pleine conscience.

Ton plan personnel 30 jours (vue d’ensemble)

  • Semaine 1: hygiène digitale, contrat NC, plan d’urgence, stabiliser le sommeil. 20 minutes de marche par jour.
  • Semaine 2: design de l’environnement, journaling, routine binôme, zéro réseaux sociaux.
  • Semaine 3: démarrer un projet, travail sur les valeurs, recadrage cognitif.
  • Semaine 4: mesurer les progrès, tester le plan anti‑rechute (dry run), éventuellement ajouter un soutien pro.

Au moins 30 jours pour une première clarté. En cas de forte intrication, plutôt 45 à 90 jours. Décisif: tes critères de stabilité, sommeil plus calme, moins de déclencheurs, pas de compulsion à écrire.

Si ce n’est pas nécessaire: ignore et reste sur ton plan. Si nécessaire (enfants, biens), réponds brièvement, factuellement, sans sujets relationnels.

Non si tu es en NC. Les rituels déclenchent fort et rouvrent les plaies. Écris plutôt un message non envoyé dans ton journal.

À court terme, on peut le ressentir ainsi. À long terme, le NC augmente la probabilité de conversations plus mûres, car tu es plus stable et respectueux·se.

Fixe un seul canal professionnel. Communication factuelle, limitée dans le temps et documentée. Pas de hors sujet.

NC au sens relationnel, mais communication claire de co‑parentalité: sujets enfants uniquement, horaires fixes, ton factuel. Utilise des apps pour t’alléger.

Non. Analyse à froid: déclencheur, heure, émotion. Renforce ton plan et redémarre. Un écart est un feedback, pas un échec.

Évite. Les études montrent que la surveillance en ligne retarde la guérison. Mute/block sont tes alliés.

Quand tu es stable, sans agenda caché (pas par peur/manque), et prêt·e à tenir tes limites. Alors un bref check neutre peut avoir du sens.

Le NC fait partie d’un plan de sécurité. Demande de l’aide professionnelle et une protection juridique. Le NC te protège en premier lieu.

Conclusion, l’espoir avec de la tenue

Je sais comme c’est difficile. L’envie d’écrire vient en vagues, parfois tu as l’impression de couler. Mais tu n’es pas seul·e, et tu n’es pas impuissant·e. Ton cerveau peut s’apaiser, ton cœur peut guérir, ta vie peut redevenir lumineuse. Le no contact n’est pas une guerre froide, c’est une décision chaleureuse pour toi: pour la clarté, la dignité et la liberté de choix. Avec les 15 stratégies, les plans d’urgence, les exemples, les modèles et les outils de cet article, tu as tout pour avancer, jour après jour, vague après vague. Et peut‑être, quand la tempête se sera calmée, viendra une meilleure conversation. Avec toi. Et, si c’est juste, aussi avec l’autre personne. D’ici là, reste avec toi. C’est la forme la plus courageuse d’amour.

Annexe A: contrat NC, modèle à copier

  • Durée: « Je tiens une période de no contact d’au moins 30 jours. Je revois à J 28 à 30 selon les critères de stabilité. »
  • Canaux: « WhatsApp, SMS, réseaux sociaux, appels fermés. Exception: [e‑mail/app de co‑parentalité] pour [enfant/travail/biens]. »
  • Exceptions: « Uniquement sécurité, droit, enfant. Pas de sujets relationnels ou du passé. »
  • Plans si‑alors:
    • « Si j’ai envie d’écrire après 21 h, j’active mon plan d’urgence (respiration + minuteur + binôme). »
    • « Si je tombe dessus par hasard, alors: salut bref, j’avance, puis 5 minutes d’ancrage. »
    • « Si un objet commun est en jeu, je liste et je règle en bloc le [jour/heure] par e‑mail. »
  • Règle binôme: « J’utilise le code “vague” à 7/10 d’envie. Retour dans les créneaux convenus. »
  • Plan rechute: « En cas d’écart, je le documente, je durcis une mesure (blocage, horaires, canal) et je redémarre au jour 1, sans auto‑dévalorisation. »
  • Signature: date, nom. Option: signature du binôme en témoin.

Annexe B: reset 7 jours en stress élevé

  • Jour 1: détox digitale stricte (canaux urgences seuls), désamorçage de l’appart (boîte, nouvelle playlist), fenêtre de sommeil fixée. 30 min de marche rapide.
  • Jour 2: finaliser contrat NC, activer binôme, note frigo avec plan d’urgence. 2× respiration 4‑6‑8.
  • Jour 3: changer routine au travail (nouvelles pauses, autre place), 20 min de journal sur les déclencheurs, 10 min d’Urge Surfing.
  • Jour 4: check valeurs (top 3), 1 action par valeur. Co‑régulation sociale: café‑marche avec une personne sûre.
  • Jour 5: mini‑démarrage de projet (30 à 60 min en flow), ancrage 5‑4‑3‑2‑1 le soir, réduire l’écran de 30 %.
  • Jour 6: créer et placer les cartes cognitives, protéger une « zone rouge » (lit + téléphone). Récompense le soir (sans lien avec l’ex).
  • Jour 7: revue de semaine: top 3 déclencheurs, courbe d’envie, sommeil, humeur. Ajuster: renforcer 1 mesure, ajouter 1 micro‑habitude.

Annexe C: mythes et faits sur le no contact

  • Mythe: « Si je n’écris pas, il/elle m’oublie. »
    • Fait: la mémoire et l’attachement ne disparaissent pas du jour au lendemain. La stabilité et le respect augmentent les chances de bons échanges, pas la pression.
  • Mythe: « Un dernier message apportera la paix. »
    • Fait: en instabilité, plus d’interaction aggrave le cycle; la paix vient de l’apaisement intérieur et du temps.
  • Mythe: « Le no contact est puéril. »
    • Fait: c’est une mesure de protection evidence‑based, comme le contrôle des stimuli en addicto.
  • Mythe: « Seuls les faibles ont besoin de NC. »
    • Fait: le NC utilise la psychologie en ta faveur. C’est de la force de bâtir des systèmes plutôt que surestimer ta volonté.
  • Mythe: « On peut être amis tout de suite. »
    • Fait: l’amitié post‑rupture nécessite une phase de refroidissement. Trop tôt maintient la plaie ouverte.
  • Mythe: « Bloquer, c’est méchant. »
    • Fait: bloquer est un outil légitime de protection, surtout en cas de franchissement de limites.
  • Mythe: « Je dois répondre tout de suite. »
    • Fait: tu peux définir tes fenêtres et délais. Le respect commence par toi.
  • Mythe: « Checker les réseaux, c’est anodin. »
    • Fait: la surveillance en ligne est corrélée à plus de chagrin et de rechutes.
  • Mythe: « L’alcool aide à atténuer le manque. »
    • Fait: il dégrade le sommeil et l’inhibition, accélérant la rechute.
  • Mythe: « Le NC détruit toutes les chances. »
    • Fait: le NC améliore la qualité de futurs contacts éventuels grâce à ta stabilité.

Annexe D: scénarios avancés et scripts

  • « J’ai oublié de te dire quelque chose d’important. » (sans urgence)
    • Réponse pour toi: note‑le au journal, n’envoie pas. S’il reste pertinent et factuel après 7 jours, regroupe.
  • L’ex utilise humour/private jokes pour recréer de la proximité.
    • Script: « Je reste sur l’organisation. Merci de comprendre. »
  • Un·e ami·e rapporte une actu de l’ex sans que tu demandes.
    • Phrase: « S’il te plaît, ne me raconte pas ça. J’ai besoin de distance. » Change de sujet.
  • Fête de famille où l’ex est présent·e.
    • Plan: arrivée tôt, place dédiée, personne‑relais de sortie, maximum 90 minutes. Pas d’alcool, salut neutre, puis distance.
  • L’ex dépose des cadeaux.
    • Script: « Merci, dépose‑les devant la porte. Je ne te verrai pas. » Ensuite, check avec ton binôme.
  • Factures communes qui déclenchent.
    • Procédure: créneau hebdo factures, tout regrouper par e‑mail, pas de messageries.
  • L’ex demande un « entretien de clôture » en phase émotionnelle.
    • Script: « J’ai besoin de recul. Si on le fait, ce sera au plus tôt dans [X] semaines, court et factuel. »
  • Appels nocturnes répétés.
    • Mesure: mode ne pas déranger, filtrer le numéro, documenter si besoin. Le matin, vérifier sobrement s’il y avait urgence réelle.
  • Café « amical » semaine 2.
    • Réponse: « Merci pour l’invitation. J’ai besoin de garder mes distances. Je te recontacterai quand je serai prêt·e. »
  • Compliments inattendus (« Tu me manques… »)
    • Protection: pas de réaction immédiate. Respiration, tampon 12 à 24 h, puis éventuelle limite standard.

Annexe E: SOS sommeil en chagrin d’amour

  • Rituel du soir 30 à 60 minutes: lumière chaude, pas d’écran, douche/baignade, étirements légers, 10 minutes de lecture papier.
  • Parking à pensées: écris tâches/soucis pour « demain ».
  • Température & obscurité: frais (18 à 19 °C) et sombre. Bouchons/masque si besoin.
  • Limites caféine/alcool: pas de caféine après 14 h, pas d’alcool « pour dormir ».
  • Si tu ne dors pas après 20 minutes: lève‑toi, activité calme (livre, puzzle), retourne au lit quand la somnolence est là.
  • Respiration 4‑6‑8 au lit + relaxation musculaire progressive (pieds → tête, contracter/relâcher).

Annexe F: arbre de décision « répondre ou pas ? » (version texte)

  1. Y a‑t‑il une raison nécessaire (sécurité, droit, enfant, travail) ?
  • Non → ne pas répondre. Activer le plan d’urgence.
  • Oui → passer à 2.
Est‑ce le canal convenu et factuel ?
  • Non → renvoyer vers le canal convenu: « Merci de passer par e‑mail/app de co‑parentalité. »
  • Oui → passer à 3.
Est‑ce hors de tes créneaux ou après 21 h ?
  • Oui → différer la réponse; tampon 12 à 24 h. Noter.
  • Non → passer à 4.
  1. Formule bref, factuel, sans émotion ni référence relationnelle. Lis à voix haute. Si neutre → envoie.
  2. Après: 2 minutes de respiration, journal: déclencheur/émotion/résultat. Pas de scroll ensuite.

Annexe G: check‑list « rester avec moi aujourd’hui »

  • Ai‑je désamorcé mes 3 principaux déclencheurs ? [ ] Oui [ ] Partiellement [ ] Non
  • Me suis‑je bougé·e (≥ 20 min) ? [ ]
  • Pause respiration (2×) ? [ ]
  • Journal (5 min) ? [ ]
  • Réseaux sociaux < 15 min ? [ ]
  • Check avec mon binôme (1×) ? [ ]
  • Pas de messages après 21 h ? [ ]
  • Petite récompense pour ma constance ? [ ]

Annexe H: guide d’un premier contact respectueux (plus tard, optionnel)

  • But défini: 1 phrase, factuelle (p. ex. « remise de clés »). Pas de but mixte.
  • Temps/lieu/format: court, neutre, lieu « administratif » (hall, e‑mail), pas d’endroit romantique.
  • Exemple e‑mail: « Bonjour [Prénom], je propose de remettre les affaires restantes le [date] à [heure]. Je déposerai un carton dans le hall pour que ce soit efficace. Ça te convient ? Merci. »
  • Plan de sortie: 10 à 15 minutes max, pas de discussion du passé. Si ça dérive: « J’arrête ici. Merci. »

Annexe I: co‑parentalité, 8 écueils courants (et remèdes)

  • Communication ad‑hoc → créneaux/agenda fixes.
  • Mélange sujets enfant/couple → script: « Sujets enfants uniquement ici. »
  • Messages tardifs → définir des fenêtres de réponse.
  • Passages utilisés pour « discuter » → courts, lieu neutre, éventuellement accompagnement.
  • Checks de statut (« Comment tu vas ? ») → ne pas répondre; recentrer sur l’enfant.
  • Désaccord sur les règles → accords écrits, médiation si besoin.
  • Changement d’app → choisir un outil et l’écrire.
  • Accusations → éviter les « tu », rester sur faits, heures, tâches.

Annexe J: auto‑compassion, protocole 3 minutes (R.A.I.N.)

  • Recognize: « Je remarque la tristesse et l’envie. »
  • Allow: « Ça a le droit d’être là. C’est humain de ressentir ça. »
  • Investigate: « Où est‑ce dans mon corps ? De quoi ai‑je besoin (calme, chaleur, contact avec mon binôme) ? »
  • Nurture: « Je me parle comme à un·e ami·e: “Tu t’en sors bien. Une vague après l’autre.” »

Annexe K: setup technique, de la friction plutôt que de la tentation

  • Smartphone: mode concentration, apps liées à l’ex hors écran d’accueil, bloqueur d’apps avec créneaux, « ne pas déranger » dès 21 h.
  • E‑mail: filtres/libellés pour l’ex, auto‑archivage hors dossier co‑parentalité.
  • Réseaux sociaux: mute/block, autoplay off, notifications off, second mot de passe avec délai (p. ex. ton binôme garde le mot de passe 24 h).
  • Ordinateur: bloqueur de sites pour réseaux sociaux en soirée.

Avec ces annexes, tu as une boîte à outils complète: du contrat au plan d’urgence, du sommeil aux scripts. Utilise 1 à 2 outils à fond plutôt que 10 à moitié, la profondeur bat la dispersion. Et rappelle‑toi: il n’y a rien de « faux » chez toi si les vagues montent. Tu apprends à les surfer.

Quelles sont tes chances de récupérer ton ex ?

Découvre en 8 à 10 minutes à quel point une réconciliation avec ton ex est réaliste, sur la base de la psychologie du couple et d'enseignements pratiques.

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