Abus passés et relation: ton guide pour un nouvel élan

Abus passés et couple: repères scientifiques, outils concrets et protocoles pour sécuriser la relation, gérer les triggers et rebâtir la confiance.

24 Min. de lecture Situations Spéciales

Pourquoi lire cet article

Si toi ou ton/ta ex avez vécu des abus dans le passé, une relation peut ressembler à conduire avec le frein à main: tu veux avancer, mais quelque chose bloque, parfois en sourdine, parfois très fort. Cet article t’aide à comprendre ce qui se passe dans le cerveau, le corps et la psyché, pourquoi les bonnes intentions ne suffisent pas et quelles étapes font vraiment la différence. Tu reçois des bases scientifiques (attachement, neurobiologie, recherche sur les ruptures) et des stratégies concrètes et pratico-pratiques, avec des repères clairs de sécurité: quand un nouveau départ a du sens, et quand la distance reste la décision la plus saine.

Que veut dire "abus passés" - et pourquoi cela concerne ta relation ?

Les abus passés couvrent un spectre d’expériences qui ébranlent limites, sécurité et confiance: violences physiques, sexuelles, émotionnelles ou psychologiques, négligence, contrôle, humiliations, stalking ou contrôle financier, dans l’enfance, l’adolescence ou dans des relations antérieures. Conséquences fréquentes: styles d’attachement insécures, hypervigilance (alarme interne constante), difficultés avec la proximité et la distance, honte, doute de soi, flashbacks ou figement en situation de conflit.

Important: l’abus n’est pas seulement "ce qui est arrivé", c’est l’effet sur les modèles internes de l’amour et de la sécurité (Bowlby). Ces modèles agissent de façon implicite, même si tu "sais" rationnellement que l’autre est différent aujourd’hui. "Je vais faire plus d’efforts" ne suffit souvent pas. Le corps, les circuits nerveux, les réseaux de mémoire et les réflexes d’attachement ont besoin de nouvelles expériences, de structures claires et de temps pour réapprendre la sécurité.

Si tu veux reconquérir ton ex, cela joue à double titre:

  • D’abord, parce que les anciennes blessures se réactivent facilement dans le contexte d’une rupture (le rejet déclenche des schémas très anciens).
  • Ensuite, parce qu’un nouveau départ solide n’est possible que si vous comprenez comment déclencheurs, stratégies de protection et besoins d’attachement interagissent, et si vous cadrez le processus consciemment.

Fondements scientifiques: attachement, cerveau, corps et confiance

Attachement: modèles internes et stratégies de protection

  • Théorie de l’attachement (Bowlby; Ainsworth): les schémas précocement appris ("Suis-je digne d’amour ? Les autres sont-ils fiables ?") façonnent les attentes en amour. L’attachement insécure se manifeste souvent par l’agrippement/angoisse (peur d’être abandonné) ou l’évitement/distance (la proximité paraît risquée). L’attachement désorganisé apparaît souvent après des traumatismes: la proximité est à la fois un lieu de désir et une zone de danger.
  • À l’âge adulte, ces schémas ressurgissent sous stress: retrait, attaque, demande de proximité, réaction "fawn" (suradaptation apaisante), figement. Hazan & Shaver ont transposé l’attachement aux relations amoureuses; Mikulincer & Shaver montrent comment l’attachement module la régulation émotionnelle.

Neurobiologie: quand amour et alarme se percutent

  • L’amour active les systèmes de récompense (dopamine, striatum) et la chimie du lien (ocytocine/opioïdes) - d’où chaleur, motivation et élan (Fisher; Acevedo). Le trauma, lui, imprime le réseau de la peur et du stress: amygdale (alarme), hippocampe (mémoire de contexte), mPFC/ACC (régulation). Face aux déclencheurs, l’amygdale peut "prendre la main"; s’ensuivent des réactions excessives qui semblent "illogiques" après coup, mais sont neurobiologiquement cohérentes.
  • Le stress chronique modifie l’axe HHS (cortisol) et la sensibilité à la menace (McEwen). La théorie polyvagale (Porges) souligne le rôle du nerf vague pour la connexion sociale vs la mise en protection, utile comme modèle clinique même si certains points sont débattus.

Rupture et reconquête: pourquoi cela fait si mal

  • Des études en IRMf indiquent que le rejet active des zones impliquées aussi dans la douleur physique (Fisher et al., 2010). Voilà pourquoi être ghosté ou attendre un message qui ne vient pas se ressent "dans le corps".
  • Sbarra et collègues ont montré que des contacts fréquents avec l’ex en phase aiguë prolongent la souffrance, car chaque signal mêle récompense, espoir, déception et alarme. C’est crucial si vous envisagez un retour: un contact émotionnel brut sans cadre rouvre les plaies, il ne les répare pas.

Confiance et dynamique de couple

  • La confiance naît quand la "prédiction" devient fiable: tu fais ce que tu dis, et tu dis ce que tu fais (Gottman). Après des traumas, les erreurs de prédiction font particulièrement mal. De petites incohérences (retard, ironie) peuvent peser lourd, car elles testent le filet de sécurité.
  • La thérapie de couple focalisée sur les émotions (Johnson) aide à rendre audibles les signaux d’attachement invisibles et à traduire protestation/retrait en besoins ("Je suis en colère" veut souvent dire "S’il te plaît, ne me lâche pas"). En présence de trauma, on ralentit et on stabilise davantage.

L’amour est une nécessité logique pour le cerveau humain, et l’attachement sécurisé en est la grammaire. Sans sécurité, nous n’entendons pas la phrase, même si elle est prononcée.

Dr. Sue Johnson , Psychologue clinicienne, fondatrice de l’EFT

Check sécurité: dois-tu vraiment revenir ?

Avant les stratégies, la question centrale: un nouveau départ est-il éthique, psychologiquement et physiquement sûr ?

  • Si ton/ta ex t’a maltraité (physiquement, sexuellement, psychologiquement, de façon contrôlante), la priorité n’est pas "reconquérir l’ex", mais protection, distance, stabilisation et, si besoin, aide professionnelle.
  • Si vous avez tous deux vécu des abus dans le passé (p. ex. enfance), mais que votre relation n’était pas maltraitante, un nouveau départ est possible - à condition d’avancer consciemment et lentement.

Non négociable: si la relation elle-même était maltraitante (violence, menaces, contrôle, humiliations, stalking), priorise la sécurité, la distance et le soutien. L’"amour" ne change pas un schéma qui piétine les limites. Dans ces cas, pas de jeux de jalousie, pas de tests, pas d’"opération reconquête". La protection passe avant la romance. En danger immédiat, appelle le 17 ou le 112. Écoute anonyme: 3919 Violences Femmes Info, 116 006 France Victimes, 3114 Prévention Suicide, 119 Enfance en danger.

Comment le trauma façonne le présent: dynamiques du quotidien et déclencheurs

Le trauma agit en microsecondes, pas seulement en crise. Exemples de dynamiques:

  • Décalages de communication: une question neutre ("Tu rentres à quelle heure ?") est vécue comme du contrôle; se taire veut calmer, mais est ressenti comme une punition.
  • Pendule proximité-distance: après une grande proximité, retrait car le système nerveux est saturé. L’autre se sent rejeté et s’accroche, ce qui renforce le retrait.
  • La rupture comme amplificateur: après une séparation, corps et psyché paniquent. Une story anodine sur les réseaux devient "la preuve" que tout recommence.

Ces schémas ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont des réactions de protection apprises. L’objectif: honorer la protection et pratiquer, pas à pas, d’autres options.

Mythe vs réalité

  • Mythe: "Si c’est le vrai amour, ça guérira tout seul."
    • Réalité: sécurité + prédictibilité + répétition sont les ingrédients qui soignent. L’amour est l’engrais, pas le jardinier.
  • Mythe: "Qui est traumatisé est inapte à aimer."
    • Réalité: avec des cadres sensibles au trauma, des relations profondes et stables sont possibles.
  • Mythe: "Le no contact est toujours la solution."
    • Réalité: stabilisant à court terme, à long terme c’est soit un pont (avec structure) soit une limite (clôture claire), selon ton objectif.

Fondamentaux pratiques: le modèle 3S - Sécurité, Self-régulation, Style de langage

1) Sécurité (interne et externe)

  • Limites claires, accords clairs, conséquences claires.
  • La prédictibilité crée la confiance: "Voici comment on gère les disputes…"
  • Pas de pression sur l’intime, pas de tests, pas de zones grises.
  • Cadres physiques: lumière du jour, lieux neutres, trajet séparé, option de sortie.

2) Self-régulation

  • Exercices de respiration et d’ancrage, co-régulation corporelle.
  • Micro-pauses en conversation: "Pause courte, je ressens."
  • Rituels: marche après dispute, check-in du matin.
  • Priorise sommeil, alimentation, mouvement.

3) Style de langage

  • Centré besoins ("J’ai besoin de sécurité" plutôt que "Tu es froid").
  • Demandes concrètes ("Merci de confirmer les rendez-vous avant 18 h").
  • Nommer les déclencheurs et convenir de plans d’action.
  • Messages en "je" + focus présent, pas de batailles sur le passé.

Décider: reconquérir l’ex - oui, non ou plus tard ?

Il n’y a pas que oui/non. "Plus tard" peut être très sage. Suis la boussole suivante.

  • Oui, si:
    • La relation était fondamentalement respectueuse, mais d’anciennes blessures/pressions vous ont débordés.
    • Vous reconnaissez vos parts et acceptez d’avancer lentement, avec structure.
    • Vous avez un plan clair pour la communication, les limites et la gestion de l’escalade.
  • Plus tard, si:
    • Au moins l’un de vous est en régulation de crise aiguë (flashbacks, panique, insomnies).
    • Un suivi thérapie/coaching doit encore stabiliser les bases (langage des déclencheurs, self-régulation).
  • Non, si:
    • La maltraitance faisait partie de votre dynamique.
    • Une personne "promet" de changer, mais franchit encore les limites à répétition.

Le plan étayé par la recherche: avancer par phases

Phase 1

Stabiliser

  • Objectif: installer la sécurité, réguler les symptômes, activer les ressources.
  • Mesures: hygiène du sommeil, pratiques corporelles (respiration, ancrage), soutien social, règles de contact claires.
  • Auto-check: 3 jours d’affilée avec 7+ heures de sommeil ? Mouvement chaque jour ? Moins de 3 escalades/semaine ?
Phase 2

Clarifier

  • Objectif: comprendre ce qui s’est passé (faits vs interprétations), repérer les schémas.
  • Mesures: entretiens individuels, si besoin accompagnement thérapeutique, cartographie des déclencheurs, clarification des valeurs.
  • Auto-check: je peux dire en 3 phrases de quoi j’ai besoin, sans reproche ?
Phase 3

Contact structuré

  • Objectif: tester si un contact respectueux et régulé est possible.
  • Mesures: messages avec cadre clair, brefs rendez-vous avec option de sortie, check-ins "vert/jaune/rouge".
  • Auto-check: 80 % des contacts planifiés ont été tenus ?
Phase 4

Reconstruction

  • Objectif: rebâtir la confiance par la prédictibilité et la fiabilité.
  • Mesures: petits accords, routines communes, conversations de réparation après micro-brèches.
  • Auto-check: plus de légèreté ressentie ? Moins de catastrophisme ?
Phase 5

Intégration

  • Objectif: reconnaître l’histoire du passé sans qu’elle dicte l’avenir.
  • Mesures: rituel de "réécriture", "bilan système" annuel, entretiens de couple réguliers.
  • Auto-check: avons-nous un document "Que faire en rouge ?" à portée de main ?

Cartographier les déclencheurs: repérer les signaux précoces

  • Corps: poitrine serrée, pouls rapide, chaud/froid, engourdissement.
  • Pensées: "Ça recommence", "Je ne compte pas", "Il faut que je sois parfait".
  • Comportements: retrait, logorrhée, contrôle, sauvetage, figement.

Crée ta carte des déclencheurs:

  • Déclencheurs: "réponses tardives", "ton ironique", "proximité physique après dispute".
  • Effets: "cœur qui s’emballe, impulsion d’attaque, vide intérieur".
  • M’aide: "respiration 3 minutes, verre d’eau, phrase prête: ‘J’ai besoin d’air, je reviens juste après.’"
  • Nous aide: "mot-code ‘Jaune’; on répète l’accord X; pause 20 minutes avec heure de retour".

Mini-feuille: plan déclencheurs

  1. Mon déclencheur relationnel le plus fort est …
  2. Je le repère à … (corps/pensées/impulsions)
  3. Avant, je faisais … (comportement de protection)
  4. À partir d’aujourd’hui, j’exerce plutôt … (nouvelle micro-action)
  5. Mon/ma partenaire peut aider avec … (geste petit et concret)

Communication: guides qui apaisent ton système nerveux

  • Quand l’intensité monte:
    • "Je sens que je suis déclenché. Je veux rester juste. Laisse-moi 10 minutes pour me réguler et on en parle."
  • Quand tu as besoin de sécurité:
    • "Ça m’aide si tu m’écris avant 18 h pour dire si tu es dispo demain. Ensuite je peux redescendre."
  • Quand tu prends ta part:
    • "Quand tu n’es pas rentré hier, ça m’a déclenché. Je me suis retiré. Je veux faire autrement: à l’avenir je dirai tôt que je deviens incertain, au lieu de t’ignorer."

Le protocole 4R pour les échanges difficiles

  1. Réguler: 2 minutes de respiration, eau, sensations du corps.
  2. Cadre: "Sujet: X, objectif: trouver une solution, durée: 20 minutes."
  3. Rondes: 2 minutes pour parler chacun, 1 minute pour refléter.
  4. Réparer: qu’est-ce qui change dès demain ? Quel rappel met-on en place ?

Scénarios concrets

  • Claire, 34 ans: a grandi avec des colères imprévisibles. En couple, elle réagit fort au silence défensif (stonewalling). Son ex, Thomas, 36 ans, se retire en conflit. Lors de la reprise de contact, ils conviennent: au "Jaune", Thomas écrit en 20 minutes "Je suis là, j’ai besoin d’un moment. Je reviens à 19 h 30." Claire fait un exercice de respiration et n’envoie PAS plusieurs messages. Après 4 semaines, les escalades ont diminué de moitié, non pas parce que "l’amour guérit tout", mais parce que la prédictibilité entraîne la sécurité.
  • Hugo, 41 ans: son ex contrôlait son téléphone. Maintenant, la question "Tu es où ?" le déclenche. Son ex, Éléna, 39 ans, veut bien faire, mais la formulation pique. Solution: elle remplace les questions de contrôle par des demandes d’info: "Je planifie ma soirée. Tu peux me dire avant 17 h à quelle heure tu rentres ?" De son côté, Hugo s’engage à une mise à jour proactive chaque jour à 16 h 30.
  • Leyla, 29 ans: survivante de franchissements sexuels de limites. Lors des retrouvailles avec son ex Amir, 31 ans, ils insistent sur le consentement: chaque contact est optionnel, "Rouge" comme signal d’arrêt, câlins seulement après question préalable. L’intimité ne se "mérite" pas, elle se décide. Leyla choisit le tempo, Amir protège le cadre (pas de prise au dépourvu, pas de reproches).
  • Daniel, 37 ans: parents avec alcoolodépendance. Sa stratégie "fawn" (plaire à tout prix) l’épuise, puis il explose. Avec son ex Jeanne, 35 ans, il met en place un "entraînement au non": une fois par semaine, il dit volontairement "non" à une petite demande pour habituer son système nerveux aux limites. Jeanne répond par de la validation plutôt que de la pression. Résultats: moins de colère implosée, plus de proximité honnête.
  • Mira, 45 ans: expérience d’exil, langues multiples, peu de sécurité sociale. Avec son ex Paul, 47 ans, elle fixe des espaces "culturellement sûrs" (p. ex. café de sa communauté), places assises dédiées, rendez-vous courts en journée. Paul apprend à éviter l’ironie en période de stress. Mira tient un journal des déclencheurs dans sa langue maternelle, car la régulation est souvent plus efficace dans la langue émotionnelle d’origine.
  • Noah, 33 ans, et Kim, 32 ans: neurodiversité (TDAH) + trauma. Surstimulation + cécité au temps créent le chaos des rendez-vous. Solution: calendrier partagé avec "fenêtres calmes" dédiées, appel de 10 minutes avant chaque rencontre, casque anti-bruit pour marcher, notes de suivi écrites.

Sortir du manège anxieux-évitant

Ce schéma est fréquent quand le passé fait mal: l’un cherche la proximité (protestations, nombreux messages), l’autre se protège par la distance (réponses tardives, changement de sujet). Cela alarme des deux côtés.

  • Reconnaître: le/la chercheur·se de proximité ressent de l’urgence et pense de façon catastrophique; l’évitant·e ressent l’étau et pense "Ce n’est jamais assez".
  • Premiers secours: tempo dosé, créneaux de réponse convenus (p. ex. 10–19 h), "Je te réponds même si je n’ai pas encore la solution".
  • Sortie: le/la chercheur·se pratique l’auto-apaisement avant contact; l’évitant·e pratique une mini-transparence proactive ("Je suis en tunnel, mise à jour 19 h 30").
  • Phrase commune: "Je vois qu’on veut tous les deux de la sécurité - toi par la proximité, moi par l’espace. Dosons les deux."

Règles pour un contact structuré après la rupture

  • Fréquence: 2–3 points de contact courts et planifiables par semaine valent mieux qu’un ping-pong quotidien imprévisible.
  • Canal: privilégie l’écrit avec frontières claires (p. ex. messagerie sans pression "lu").
  • Contenu: sujets concrets, pas d’anciens reproches; détection précoce "On bascule dans le passé - pause, reprise demain 18 h".
  • Sortie: chacun peut clôturer, mais s’engage à reprendre dans les 24–48 heures.

Exemple

  • Début: "Check-in 18 h 00–18 h 20 aujourd’hui ? Sujet: week-end."
  • Déroulé: "Je sens Jaune; pause 5 minutes." – "Ok. Je bois un verre d’eau. Je reviens à 18 h 10."
  • Fin: "On a un plan: sam. 10–13 h, message de confirmation vendredi 18 h. Merci."

S’excuser de façon apaisante (et ce qu’il faut éviter)

Une bonne excuse apaise le système nerveux, car elle promet de la prédictibilité pour l’avenir.

  • À éviter: "Si tu t’es senti blessé…", "Mais moi…", "J’étais stressé".
  • Mieux en 7 étapes:
    1. Nommer le comportement précis.
    2. Reconnaître l’impact (sans débat).
    3. Prendre sa responsabilité (sans "mais").
    4. Donner le contexte brièvement, sans s’excuser avec.
    5. Proposer une réparation (concrète, datée).
    6. Accepter les limites de l’autre ("Tu as le droit de dire non").
    7. Assurer le suivi.
  • Exemple: "Hier, je n’ai pas répondu sans prévenir. Je t’ai laissé seul. J’en prends la responsabilité. J’étais débordé et je me suis figé, ça l’explique, ça ne l’excuse pas. Dès aujourd’hui, je mets un rappel 18 h; en cas de surcharge, je dis ‘Jaune’ au lieu de disparaître. À toi de voir si tu veux l’accepter. Je te redemande demain à 18 h 30 si ça a fonctionné."

Modèles: 10 messages courts pour un contact structuré

  • "Je suis prêt à 60 % pour un appel de 20 min à 19 h. Sujet: samedi. Tu es vert/jaune/rouge ?"
  • "Ça m’aide d’avoir un petit ‘bien reçu’ quand j’envoie un long message. Ok pour toi ?"
  • "Je sens Jaune. Pause 10 minutes, eau, puis je reviens."
  • "Merci pour ton ‘non’. Ça m’aide à te faire confiance."
  • "Aujourd’hui, juste un update: j’arrive 10 minutes plus tard, je te texte en arrivant."
  • "J’ai besoin de sécurité: merci de dire avant 18 h si dimanche te va. Sinon je prévois autre chose sans rancune."
  • "J’ai un vieil alarmage. Je m’en occupe et je te recontacte demain à 17 h."
  • "Je veux comprendre. 3 phrases: de quoi n’as-tu pas besoin de ma part aujourd’hui ?"
  • "Je prends ma part: je t’ai coupé la parole. À partir de maintenant, je te laisse 2 min, puis je reflète."
  • "Bonne nuit sans sujets. Demain 19 h 30, court check-in ?"

Corps et co-régulation: 7 outils immédiats

  1. Soupir physiologique: 2 petites inspirations, longue expiration, 5–8 répétitions.
  2. Orientation: balayer la pièce des yeux, nommer cinq objets sûrs.
  3. Température: eau froide sur les poignets si ça chauffe; couverture en cas de figement.
  4. Respiration 4-7-8: calme la fréquence cardiaque; à utiliser avant une discussion.
  5. Ancrage de croyances: "J’ai le droit de faire une pause." - "Nous reviendrons au sujet."
  6. Le contact comme option, pas une obligation: se tenir la main seulement après check-in - "Vert pour moi ?"
  7. Marcher plutôt qu’être assis: parler en marchant régule mieux qu’être fixés à une table.

Autres micro-pratiques somatiques (dosées)

  • Butterfly Hug (tapotements bilatéraux sur les bras, 1–2 min).
  • Fredonnement ou son "Voo" (expiration grave et vibrante) pour stimuler le vague.
  • Pendulation: sentir tour à tour une zone sûre puis une zone chargée.
  • Assouplir le regard: élargir le champ visuel, perception périphérique.
  • Box Breathing 4-4-4-4.
  • Relaxation musculaire progressive en mini: épaules 5 s en tension, 10 s en relâchement, trois fois.
  • Grounding 5-4-3-2-1 (focus sensoriel).
  • "Mains dans l’eau tiède" en cas de figement, "eau froide sur le visage" en cas de montée.
  • Légère oscillation debout (rythmique, apaisante).
  • "Tour d’orientation" dehors: compter 10 arbres, nommer les couleurs.

Plan d’urgence en cas de submersion (ROUGE)

  • STOP: pas de discussion de fond.
  • SIGNAL: envoyer le mot-code/emoji.
  • AUTO-RÉGULATION: 10 minutes respiration + eau + mouvement.
  • SÉCURITÉ: annoncer l’heure de retour convenue ("Je reviens à 19 h 30").
  • APRÈS-COUP: protocole en 5 phrases: déclencheur ? utile ? de quoi aura-t-on besoin la prochaine fois ?

Un langage qui ouvre (et qui ferme)

  • Ouvre: "Je veux te comprendre", "Je suis curieux/curieuse", "De quoi ton système nerveux a-t-il besoin maintenant ?"
  • Ferme: "Arrête d’en faire des tonnes", "Encore ?", "Alors laisse tomber."

Clarifier les rôles: partenaire vs thérapeute

Un·e partenaire peut soutenir, pas remplacer une thérapie. Le but n’est pas d’effacer le trauma, mais de cultiver ensemble la sécurité et le respect des limites. Une bonne relation: moins de drama, plus d’honnêteté, de fiabilité, d’humour, et la liberté de dire "non".

Pièges fréquents - et meilleures alternatives

  • Piège: reprendre trop vite toute l’intimité. Alternative: échelle d’intimité (se tenir la main → étreinte → cuisiner ensemble → sexualité plus tard).
  • Piège: relire les anciens chats la nuit. Alternative: diète d’infos après 21 h, "fenêtre du matin" pour le travail relationnel.
  • Piège: jeux de jalousie. Alternative: transparence + limites ("Je suis monogame; si tu dates, dis-le - on met la relation en pause").
  • Piège: phrases tout ou rien. Alternative: gradualité: "Je suis prêt à 60 % pour l’étape X; de quoi avons-nous besoin pour les 40 % restants ?"
  • Piège: prendre un déclencheur pour une "preuve". Alternative: voir le déclencheur comme une alerte à vérifier, pas comme une vérité finale.
  • Piège: utiliser le jargon comme arme. Alternative: psychoéducation comme pont ("J’explique pour me montrer, pas pour pathologiser").
  • Piège: love bombing. Alternative: petits gestes constants sur des semaines, plutôt qu’un feu d’artifice qui retombe.

Construire la confiance en pratique: les micro-pas comptent

  • Ponctualité comme soin d’attachement: arriver à l’heure est un signal de sécurité neurobiologique.
  • Micro-réparations: "Tout à l’heure, j’étais froid. Je sens du stress. Je veux que tu saches: tu comptes pour moi."
  • Transparence: "Aujourd’hui, je n’ai que 15 minutes. Demain, je reviens à 18 h."
  • Cohérence sur des semaines: mieux vaut de petits signaux fiables 8–10 semaines qu’un grand geste qui s’étiole.

Plan directeur sur 30 jours (exemple)

  • Jours 1–7: stabiliser sommeil/alimentation, 10 min de pratique corporelle/jour, no/low contact avec règles claires.
  • Jours 8–14: 2 check-ins structurés/semaine, finir la cartographie des déclencheurs, pratiquer 1 conversation de réparation.
  • Jours 15–21: petite activité commune (marche/cuisine), échelle d’intimité niveaux 1–2, inviter l’humour.
  • Jours 22–30: revue, ajustements, décision d’élargir (3e check-in ? rencontres plus longues ?), entretien d’évaluation "Vert/Jaune/Rouge".

Si vous vivez (encore) ensemble

  • Définir des zones: table/étagère/horaires de salle de bains dédiés.
  • Protocole de silence: après 20 h, sujets organisationnels uniquement.
  • Protection du sommeil: bouchons d’oreilles, masque, lits séparés si besoin.
  • Micro-coopération: sprint ménage de 10 minutes ensemble, puis pause.
  • Plan de sortie: calendrier clair pour un déménagement/une transition, consigné par écrit.

À distance ou en relation longue distance

  • Fixer des fenêtres horaires et des "temps ancre" pour les mises à jour, pas de débats nocturnes.
  • "Pack de lien": photo à la lumière du jour, vocal de 30 s, 1 question concrète, 1 petit merci.
  • Intimité virtuelle avec consentement: cadre préalable, signaux d’arrêt, contenus révocables à tout moment; pas de captures sans accord explicite.

Limites en sexualité et sexting (après trauma)

  • "Carte de consentement" écrite: zones vertes, jaunes, rouges; modifiable à tout moment.
  • "Safe word" + rituel de réassurance (thé, lumière, check-in 5 minutes).
  • Pas de pression par le silence: si ce n’est pas clair, c’est non.
  • Sécurité digitale: pas de contenus sensibles sans accord bilatéral; règles de suppression et de conservation convenues.

Méthodes souvent aidantes

  • EMDR et approches centrées trauma (Yehuda; van der Kolk): traiter les souvenirs chargés.
  • EFT (Johnson): rendre audibles les besoins d’attachement.
  • STAIR/entraînement aux compétences (Cloitre): renforcer régulation émotionnelle et compétences relationnelles.
  • Compétences DBT (Linehan): tolérance au stress, pleine conscience, efficacité interpersonnelle.
  • Approches corporelles: respiration, exercices du vague, mouvement attentif.
  • Pleine conscience sensible au trauma (Treleaven): dosage plutôt que surcharge.

Trouver une thérapie: comment repérer la qualité trauma-sensible

  • Langage: validation plutôt que minimisation; respect du tempo; compétence de pause claire.
  • Structure: plan de sécurité et de crise dès le début; objectifs formulés de façon mesurable.
  • Démarche: psychoéducation + compétences avant exposition au trauma; intégration du corps.
  • Questions pour le premier rendez-vous: "Comment travaillez-vous de façon sensible au trauma ?", "Que fait-on en cas de submersion ?", "Quelle place a mon tempo ?"
  • France: anticipe les délais; en attendant, coaching/groupes/auto-aide en ligne; prudence face aux promesses "miracle". Repères utiles: annuaire.sante.fr, psycom.org, CIDFF.fr.

Auto-protection pour l’initiateur·rice et le/la destinataire

  • Si tu reprends contact: gère le tempo, maintiens tes limites, suis ton énergie (échelle 0–10), planifie des pauses avant les grands échanges.
  • Si tu reçois: autorise le doute sans cynisme, exige de la constance plutôt que la perfection, vérifie les actes plus que les mots.
  • Les deux: "principe des deux clés" pour les grands pas (il faut deux "verts"), sinon on attend.

Mesurer les progrès: 10 indicateurs

  1. Moins d’escalades et plus courtes.
  2. Meilleur respect des accords.
  3. Retour plus rapide après les pauses.
  4. Plus de transparence proactive.
  5. Moins d’alarme ressentie (échelle 0–10).
  6. Sommeil/quotidien améliorés.
  7. Plus d’humour/légèreté.
  8. Intimité qui monte l’échelle, pas par à-coups.
  9. Moins de "tests", plus de demandes.
  10. Gestion plus stable des rechutes.

Gérer les rechutes

  • Attends des rechutes, et prévois-les.
  • Transforme la "rechute" en séance d’entraînement: déclencheur ? signes avant-coureurs ? comment agir 1 % plus tôt ?
  • Renforce les micro-succès ("Avant, 2 jours de silence, maintenant 20 minutes de pause puis retour").
  • "Fenêtre de réparation" convenue: agir dans les 24–48 h, ne pas espérer passivement.

Parentalité et coparentalité après rupture avec antécédents de trauma

  • Passations: sobres, planifiables, sans fronts annexes.
  • Communication: neutre, factuelle, centrée enfants. Exemple:
    • "Salut, ça va ? Les enfants te manquent."
    • "Passation vendredi 18 h comme prévu. Merci d’apporter la veste et le cahier de maths."
  • Gestion des déclencheurs: choisir des lieux de passation sûrs (neutres, publics, en journée).
  • Parentalité parallèle en cas de haut conflit: contact minimal, outils clairs (appli de calendrier), limites fermes.
  • Enfants au centre: pas de rôle de messager. "Nous, les adultes, gérons. Tu n’as rien à porter."

Hygiène numérique et sécurité

  • Limiter le nombre de messages, désactiver les accusés de lecture.
  • Ne pas partager de mots de passe, pas de partage de position sans accord explicite et révocable.
  • Pas de tests sur les réseaux, pas de "subtweets".
  • Hygiène photo/données: supprimer/archiver les contenus sensibles; sauvegardes chiffrées.

Ouverture dosée: combien de passé faut-il partager ?

  • Filtre de pertinence: partage ce qui est décisif pour la sécurité ici et maintenant (déclencheurs, besoins, limites).
  • Dose: 10–15 minutes maximum d’affilées sur les sujets lourds, puis soin après-coup.
  • Contrôle: tu décides du tempo, de la profondeur et du moment, pas la curiosité de l’autre.

Désamorcer les conflits: pas à pas

  1. Repérer tôt les signes (scan corporel toutes les 5 minutes).
  2. Mettre le signal d’arrêt (Jaune/Rouge).
  3. Apaiser le corps (respirer/marcher/boire).
  4. Dire la formule courte: "Je veux qu’on s’en sorte bien. Je reviens à 19 h 30."
  5. Reprendre avec reflet + accord concret.

Deuil et croissance: travailler la perte après des relations difficiles

  • Autorise-toi la tristesse pour le vécu ET pour ce qui n’a pas été vécu.
  • Écris une "Lettre à mon système nerveux": honore sa protection, formule de nouveaux souhaits.
  • Les rituels de clôture aident, même si vous redémarrez: nommer l’ancien chapitre, dater le nouveau.

Rendre visibles tes valeurs et tes limites

  • Valeurs: sécurité, respect, honnêteté, lenteur.
  • Limites: pas de cris, pas de rabaissement, pas de menaces, pas de stalking, pas de sexualité sans feu vert clair.
  • Conséquences: en cas de franchissement, protection (pause, distance, aide externe si besoin).

LGBTQIA+, culture et neurodiversité: points d’attention

  • LGBTQIA+: le stress minoritaire/de l’outing peut majorer déclencheurs et besoin de sécurité. Évite tout outing forcé, clarifiez langage/pronoms. Choisissez des espaces/pros queer-friendly.
  • Culture/religion: des valeurs autour de la honte/de l’honneur peuvent freiner l’ouverture. Cherchez des pros sensibles à la culture; parlez attentes (famille, visibilité du couple).
  • Neurodiversité: stimuli sensoriels, gestion du temps, style de communication - adaptez en clair, concret, avec suivi écrit. Prévoyez un "budget de stimuli" pour vos rencontres.

Addictions, dépression, anxiété: quand les thèmes se superposent

  • Comorbidités fréquentes. Accord: sans substance avant échanges importants; plans de crise (qui prévenir ?), accompagnement pro prioritaire.
  • Retraits dépressifs: ne pas confondre avec retrait d’amour, mais ne pas les romanticiser non plus. La structure vaut mieux que l’interprétation.

Accord "Nouveau départ sécurisé" (modèle court)

  • Objectif: tester sur 8 semaines si on peut créer de la proximité en sécurité.
  • Rythme: 2 check-ins/semaine (mar. 19 h 00, sam. 11 h 00, 20–30 min chacun).
  • Outils: protocole 4R, Jaune/Rouge, plan déclencheurs, échelle d’intimité.
  • Limites: pas de débats nocturnes, pas de posts réseaux sur nous.
  • Réparation: règle 24–48 h, script en 5 étapes.
  • Évaluation: semaines 4 & 8, décision sur la suite.

Préparer les premières rencontres après rupture

  • Lieu: neutre, lumineux, calme, avec possibilité de marcher.
  • Durée: 45–60 minutes, minuteur visible, rituel de clôture (bref regard vers l’avant, merci, accord de pause).
  • Contenu: 1 sujet, 1 demande, 1 micro-engagement. Pas de "tout régler".

Ce qu’il NE faut pas faire

  • Pas de "tests" (répondre tard exprès pour observer la réaction). C’est comme parsemer des punaises sur le filet de sécurité.
  • Pas d’inondations émotionnelles ("Dis tout maintenant !"). La régulation passe avant la profondeur.
  • Pas de gaslighting ("Tu inventes"). Tu peux clarifier les faits, jamais dévaluer l’expérience de l’autre.
  • Ne pas confondre: assumer ≠ s’auto-accuser. Dis ce que tu feras dorénavant, pas seulement ce que tu "regrettes".

Autocompassion et responsabilité: pas opposées

L’autocompassion (Neff) réduit la honte et facilite la responsabilité: "J’ai réagi comme mon système nerveux savait faire. Et j’apprends d’autres voies." La responsabilité, c’est changer concrètement, pas seulement dire "désolé".

Mini-plan d’entraînement sur 8 semaines

  • Semaines 1–2: sécurité et hygiène (sommeil, alimentation, frontières numériques), début de la cartographie des déclencheurs.
  • Semaines 3–4: tester les protocoles de communication, 2 fois par semaine contact structuré.
  • Semaines 5–6: micro-signes de confiance (ponctualité, courtes confirmations, micro-réparations), démarrer l’échelle d’intimité.
  • Semaines 7–8: retour en arrière, ajustements, décision sur le prochain pas (plus de proximité, stabiliser, pause).

Système "Vert/Jaune/Rouge" pour les conversations

  • Vert: ouvert, curieux, régulé → sujets complexes possibles.
  • Jaune: légèrement activé → pauses, plus lent, simplifier.
  • Rouge: submersion → on arrête, auto-régulation, plan de reprise.

FAQ sur no/low contact

  • Combien de temps ? Aussi longtemps qu’il faut pour retrouver une stabilité de base (sommeil, travail/quotidien, moins d’intrusions).
  • Différence ? No contact = aucun contact; Low contact = minimal, bien cadré; Contact structuré = échanges ciblés pour un nouveau départ.
  • À éviter ? Canaux "secrets", stalking réseaux, faux "hasards".

Red flags vs green flags: comment t’orienter

  • Red flags (sortie ou pause ferme à envisager):
    • Dévaloriser à répétition tes déclencheurs ("Arrête d’exagérer"), surtout après une demande claire.
    • Contrôle (surveillance du téléphone/de la position, restriction d’argent, interdiction de contacts).
    • Menaces ("Si tu pars, je me fais du mal"), chantage, humiliation en public.
    • Incohérence systématique: promet beaucoup, tient peu, renverse ensuite la faute.
    • Isolement: te pousser à couper amis/famille, dénigrer ton réseau de soutien.
    • Abus d’alcool/drogues sans volonté d’aide, surtout en conflit.
    • Escalades avec "trous noirs", sans prise de responsabilité ensuite.
    • Stalking/apparitions sans invitation, traque en ligne/hors ligne.
    • Franchissements sexuels de limites, pression, "chantage à l’amour" ("Si tu m’aimes, alors…").
    • Gaslighting: nier des faits évidents, tordre la réalité.
  • Green flags (ça vaut l’investissement):
    • Promesses claires tenues à l’heure, même pour des détails.
    • Compétence de pause: "Je suis débordé. Je reviens à 19 h 30." et il/elle le fait.
    • Remords en actes, pas en discours: petits changements observables sur des semaines.
    • Respect des limites, même quand c’est inconfortable.
    • Curiosité plutôt que défense face aux déclencheurs ("Aide-moi à comprendre ce qui te déclenche").
    • Transparence sans drama: "J’ai 15 min aujourd’hui, 20 demain."
    • Soutien mobilisé (thérapie, groupe, coach) et volonté d’en parler.
    • Style de conflit: moins de "tu toujours/jamais", plus de "je ressens/j’ai besoin".
    • Responsabilité pour sa régulation (sommeil, alimentation, mouvement) visible.
    • Humour, légèreté, petites surprises positives sans inonder.

Reconsolidation mnésique en version mini: changer de vieilles significations

D’après Ecker/Ticic/Hulley: les significations émotionnelles peuvent changer si le cerveau, "ouvert", vit une expérience contradictoire et correctrice.

  • Étape 1 - Carte des symptômes: note une réaction récurrente (p. ex. "silence radio quand on me critique"). Quelle logique de protection implicite la soutient ? ("Si je réponds, je serai détruit").
  • Étape 2 - Évoquer: remémore la scène concrète (lieu, ton, tension corporelle) jusqu’à ressentir la logique de protection.
  • Étape 3 - Expérience "mismatch": dans cet état précis, vis quelque chose qui contredit l’ancienne logique (p. ex. le/la partenaire reste calme, reflète, te remercie pour le "ralenti"). Important: petit, concret, répétable.
  • Étape 4 - Relier: garde l’ancienne signification et la nouvelle expérience à l’esprit en même temps ("J’attends l’attaque - et il/elle reste avec moi"). Court, mais répété.
  • Étape 5 - Consolider: dans les jours suivants, 2–3 autres micro-expériences du même type. Sans surcharge, sans tests.
  • Exemple pratique: "J’ai le droit de dire ‘Jaune’, et nous nous retrouvons ensuite." Après 6–10 répétitions, beaucoup rapportent que l’urgence diminue. Ce n’est pas une thérapie, mais au quotidien ça change beaucoup.

12 scripts pour moments délicats

  1. En cas de retrait intérieur: "Je me fige. Je reviens dans 15 minutes pour te respecter."
  2. En cas d’envie de tout régler: "Ma tête veut tout résoudre tout de suite, mon corps non. Prenons 20 minutes, on met le reste de côté."
  3. En cas de ton moqueur: "L’ironie me déclenche. S’il te plaît, langage direct. Je t’écoute mieux après."
  4. En cas de peur de proximité: "Je veux de la proximité, mais lentement. Aujourd’hui niveaux 1–2, on verra demain."
  5. En cas de spirales de culpabilité: "J’assume X. Je n’assume pas Y. Restons sur X."
  6. En cas de déclencheurs réseaux: "Je mets Insta en pause 7 jours. Infos sur nous uniquement en direct, pas en public."
  7. En cas de jalousie qui monte: "J’ai de l’alarme, pas des faits. Donne-moi 2 infos concrètes, puis je me régule."
  8. En cas de chaos d’agenda: "J’ai besoin de fiabilité. On peut caler lun/jeu 18 h ? Sinon je m’adapte."
  9. En cas de rechute (j’ai été trop fort): "J’ai haussé le ton. Je suis désolé. Je me mets un rappel à 19 h pour la réparation, tu es d’accord ?"
  10. En cas de "J’ai besoin de plus" vs "J’ai besoin d’espace": "Ce serait quoi 20 % de proximité en plus pour toi ? Pour moi, 20 % d’espace en plus ? On échange."
  11. En cas de tension sexualisée après dispute: "D’abord on répare, ensuite l’intimité. Je veux que la proximité ne soit pas un calmant."
  12. En cas d’ingérence familiale: "Je sais que vous voulez aider. Notre tempo, c’est nous qui le décidons. Merci de respecter."

Impliquer l’entourage sans le surcharger

  • Ami·e·s: 1–2 personnes de confiance comme "buddies de régulation"; tâches claires (marcher, écouter, pas une avalanche de conseils).
  • Famille: diète d’info. "On y travaille, lentement et en sécurité. On garde les détails pour nous."
  • Travail: si nécessaire, ouverture minimale: "J’ai un sujet perso en cours, j’organise un allègement. Les deadlines restent en vue." Fixe des temps focus sans chat.
  • Réseaux sociaux: les sujets privés restent hors ligne; pas de "subtweeting", pas de stories cryptiques.

Ressources de sécurité et d’accompagnement en France

  • France: 3919 Violences Femmes Info; 116 006 France Victimes; 3114 Prévention Suicide; 119 Allô enfance en danger; arretonslesviolences.gouv.fr. En urgence, appelle le 17 ou le 112.
  • International/en ligne: RAINN.org (angl.), 7cups.com (soutien par les pairs), i-cope.org (ressources trauma). En cas d’urgence, utilise toujours les numéros locaux.

Glossaire express

  • Déclencheur (trigger): stimulus qui active des réseaux d’alarme mémorisés; se vit au présent, a souvent une racine historique.
  • Hypervigilance: vigilance accrue qui cherche la sécurité, mais épuise.
  • Co-régulation: apaisement mutuel par la voix, le visage, la présence, les rituels.
  • Fawn: réaction de suradaptation pour éviter le danger (plaire à tout prix).
  • Consentement (consent): accord volontaire, informé, révocable à tout moment, sans pression.
  • Gaslighting: mise en doute systématique de ta perception.
  • Échelle d’intimité: proximité par paliers avec signaux d’arrêt et tempo convenus.
  • Vert/Jaune/Rouge: système de feux pour l’état interne (régulé - activé - submergé).
  • Reconsolidation mnésique (Memory Reconsolidation): fenêtre durant laquelle des significations émotionnelles peuvent changer par de nouvelles expériences.
  • Parentalité parallèle (Parallel Parenting): modèle de coparentalité avec contact direct minimal en cas de haut conflit.

20 questions d’auto-réflexion (pour vous deux)

  1. Quels micro-signaux détendent mon système nerveux ?
  2. À quoi je vois que je dépasse ma tolérance au stress ?
  3. Quelles 3 valeurs guideront notre "comment", même si c’est inconfortable ?
  4. Où confondons-nous urgence et importance ?
  5. Quelle stratégie de protection je remercie, et laquelle je peux laisser partir ?
  6. À quoi ressemble une pause juste pour moi (lieu, durée, signal) ?
  7. Quels 2 accords éviteraient 80 % de nos micro-brèches ?
  8. Quel est mon "bouton rouge" - et comment le communiquer plus tôt ?
  9. Quels moments/lieux nous déclenchent régulièrement (soir, faim, réseaux) ?
  10. Quel est notre "rituel de sécurité" avant et après les sujets lourds ?
  11. Quel humour nous relie sans piquer ?
  12. Comment je mesure les progrès autrement qu’en "tout/rien" ?
  13. Quel pas de 1 % je peux vraiment faire cette semaine ?
  14. De quelle aide externe ai-je besoin - et laquelle (thérapie, groupe, livre, coach) ?
  15. Quand je me sens le plus vu, que se passe-t-il exactement ?
  16. Quels mots me ferment, lesquels m’ouvrent ?
  17. Quelle habitude nous sabote - quel est son antidote ?
  18. Quelles limites sont non négociables, même si ça fait mal ?
  19. Comment je gère la pression de décider - qu’est-ce qui aide à ralentir ?
  20. Qu’est-ce qu’on célèbre concrètement cette semaine, même petit ?

Micro-expériences mesurables sur 5 semaines

  • Semaine 1 - compétence de pause: marquer "Jaune" une fois par jour et consigner une pause de 10 min (heure de début, retour, effet 0–10).
  • Semaine 2 - fiabilité: définir deux mini-promesses (p. ex. "message court à 18 h"), suivre le taux de respect.
  • Semaine 3 - langage: augmenter le "je" - chaque phrase de conflit commence par "Je…"; compter, pas juger.
  • Semaine 4 - échelle d’intimité: trois moments brefs et sûrs de proximité planifiés (p. ex. 5 min main dans la main après demande), recueillir un retour.
  • Semaine 5 - diète du passé: sujets lourds max. 15 min/jour, puis 10 min de soin (marche/thé). Suivre l’humeur 0–10.

Quand l’espoir et la limite se heurtent

  • Tiens les deux: "J’espère, et je cadre." Formule en double: "Je veux l’étape X. Et je n’y vais que si la condition Y est remplie."
  • Accueille un non sans vengeance: un non protège souvent les deux. Ta dignité reste quand tu tiens ta ligne.
  • Rituel d’adieu si nécessaire: lettre à l’avenir commun qui n’existera pas; garde ce qui te renforce, lâche ce qui te brise.

Penser l’espoir de façon réaliste

L’espoir n’est pas "Ça ira", c’est: "Nous faisons de petits pas répétables vers la sécurité et le lien." Avec des abus passés, un nouveau départ est possible - pas en oubliant, mais en se souvenant autrement: vous écrivez de nouveaux chapitres qui n nient pas les anciens, mais n’en laissent pas dicter la fin.

50%

Beaucoup d’adultes rapportent au moins une expérience adverse dans l’enfance (ACE). La sécurité n’est pas un cas particulier, c’est une tâche de base.

8–12 semaines

Des améliorations stables apparaissent souvent dans ce laps de temps, si vous avancez consciemment, lentement et avec constance.

1% par jour

De petits pas fiables valent mieux que de grands projets. La micro-cohérence bâtit la confiance.

Conclusion: la guérison, c’est la sécurité répétée - et un oui à toi

Les abus passés n’ont pas à dicter ton présent. Mais ils demandent à être pris au sérieux: dans le système nerveux, dans le langage, dans tes limites. Si tu veux reconquérir ton ex, c’est doublement vrai: pas de drama, pas de tests, pas de "tout d’un coup", mais beaucoup de petits pas vers la prédictibilité et la protection. Là, la confiance repousse. Là, l’amour peut respirer à nouveau. Et là, tu décides avec force - pour un nouvel "ensemble" ou pour un non clair et bienveillant à la répétition.

Quelles sont tes chances de récupérer ton ex ?

Découvre en 8 à 10 minutes à quel point une réconciliation avec ton ex est réaliste, sur la base de la psychologie du couple et d'enseignements pratiques.

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